Il me semble qu'on a bien embellie les choses.
Le patient se transforme en maladie. Il ne devient plus que le malade. Sans aucune considération. Le malade se transforme également en pharmacie.
Il est tellement plus facile de donner un médicament que de prendre 10 minutes pour discuter, échanger avec le patient afin de mettre des mots sur l'angoisse du moment.
Voici mon témoignage, mon séjour remonte il y a 15 ans. Mais je sais que peu de choses ont changé :
Ai fréquenté Perreux et Préfargier, hôpitaux de l'émission, pour dépression. On m'a mis à Perreux pour me protéger car je n'avais qu'une idée en tête : Mourir. J'étais contre le fait d'y aller. Mais pas le choix. Vous allez me dire : on a toujours le choix. Ben pas forcèment. Je me suis retrouvée à la réception du bâtiment de l'unité où j'allais être avec deux infirmiers homme et un troisième qui m'explique que si je ne signe pas mon admission, je suis de toute façon hospitalisée et que mon dossier sera transféré au juge et que je passerai sous tutelle afin qu'il puisse agir pour ma santé. Et je rappelle que j'y allais pour dépression. Oui avec des envies de suicide.
Je me retrouve en service fermé. La porte pour entrer ou sortir du service est verrouillé. Porte vitré on voit tout ce qui se passe à l'intérieur.
Il n'y a aucune possiblité de fermer à clé les portes des WC ni celle de la douche. Notre chambre est fermé à clé la journée. Donc vous vadrouillez dans les couloirs. Mais vous êtes tellement abruti de médicaments que marcher se fait mécaniquement. Y a le carré, c'est la petite salle ou on est assis et quand on attend que le temps passe. Et si par chance, votre infirmier aura 15 minutes pour vous dans la journée, vous pourrez sortir. Pour les repas, on a droit à des ustensiles en plastique.
Matin, midi et soir, la prise de médicaments. Devant l'infirmier et vous devez ouvrir grand la bouche pour qu'il vérifie que les médicaments soient descendu. Si vous n'êtes pas bien la journée, pas de soucis, demandez vous aurez. Plus simple de donner un médicament que de discuter 15 minutes. Et je vous promets que les infirmiers avaient le temps mais pas l'envi.
La nuit à 21h, dernière tournée de médicaments. Et vous avez la dose de cheval afin de dormir. Moi je dormais rarement alors je pouvais 2 à 3 médicaments de plus dans la nuit. C'était genre : " Ah mais vous dormez toujours pas ? Tenez ça".
J'ai commencé à faire des crises bizarre à Perreux. Mes yeux montaient au plafond, donc je regardais contre le haut, je devenais très rigide, tellement rigide que je tombais. Mes bras se repliaient, impossible de les tendre. Toutes mes crises, on m'a laissé par terre. Je n'entendais rien, je ne pouvais plus parler. Je ne sais pas combien de temps que ça durait. Quand la crise passait, l'infirmier venait vers moi pour me dire d'arrêter de faire la comédie. Suite à la crise, j'avais de terribles douleurs musculaire. Je faisais une crise tous les deux jours. Ils n'ont jamais cherché d'où ça pouvait venir, pour eux c'était de la comédie. Mais j'étais sûre que c'était une réaction à un médicament et je savais lequel. Alors, il a fallu que je ruse pour ne plus le prendre. Les crises se sont espacés.
Je leur ai dit que c'était ce médicament mais rien n'à faire, ils ne me croyaient pas.
Quand j'ai été re transféré en clinique, j'ai dit à l'équipe que je connaissais bien et qui me connaissait bien, que je ne voulais plus ce médicament. Plus ce médicament, plus de crise.
Je me rends compte que j'ai eu beaucoup de chances de me sortir de tout ça. Et sortir de tout ça, sans 5 kg de médicaments par jour.
Le patient se transforme en maladie. Il ne devient plus que le malade. Sans aucune considération. Le malade se transforme également en pharmacie.
Il est tellement plus facile de donner un médicament que de prendre 10 minutes pour discuter, échanger avec le patient afin de mettre des mots sur l'angoisse du moment.
Voici mon témoignage, mon séjour remonte il y a 15 ans. Mais je sais que peu de choses ont changé :
Ai fréquenté Perreux et Préfargier, hôpitaux de l'émission, pour dépression. On m'a mis à Perreux pour me protéger car je n'avais qu'une idée en tête : Mourir. J'étais contre le fait d'y aller. Mais pas le choix. Vous allez me dire : on a toujours le choix. Ben pas forcèment. Je me suis retrouvée à la réception du bâtiment de l'unité où j'allais être avec deux infirmiers homme et un troisième qui m'explique que si je ne signe pas mon admission, je suis de toute façon hospitalisée et que mon dossier sera transféré au juge et que je passerai sous tutelle afin qu'il puisse agir pour ma santé. Et je rappelle que j'y allais pour dépression. Oui avec des envies de suicide.
Je me retrouve en service fermé. La porte pour entrer ou sortir du service est verrouillé. Porte vitré on voit tout ce qui se passe à l'intérieur.
Il n'y a aucune possiblité de fermer à clé les portes des WC ni celle de la douche. Notre chambre est fermé à clé la journée. Donc vous vadrouillez dans les couloirs. Mais vous êtes tellement abruti de médicaments que marcher se fait mécaniquement. Y a le carré, c'est la petite salle ou on est assis et quand on attend que le temps passe. Et si par chance, votre infirmier aura 15 minutes pour vous dans la journée, vous pourrez sortir. Pour les repas, on a droit à des ustensiles en plastique.
Matin, midi et soir, la prise de médicaments. Devant l'infirmier et vous devez ouvrir grand la bouche pour qu'il vérifie que les médicaments soient descendu. Si vous n'êtes pas bien la journée, pas de soucis, demandez vous aurez. Plus simple de donner un médicament que de discuter 15 minutes. Et je vous promets que les infirmiers avaient le temps mais pas l'envi.
La nuit à 21h, dernière tournée de médicaments. Et vous avez la dose de cheval afin de dormir. Moi je dormais rarement alors je pouvais 2 à 3 médicaments de plus dans la nuit. C'était genre : " Ah mais vous dormez toujours pas ? Tenez ça".
J'ai commencé à faire des crises bizarre à Perreux. Mes yeux montaient au plafond, donc je regardais contre le haut, je devenais très rigide, tellement rigide que je tombais. Mes bras se repliaient, impossible de les tendre. Toutes mes crises, on m'a laissé par terre. Je n'entendais rien, je ne pouvais plus parler. Je ne sais pas combien de temps que ça durait. Quand la crise passait, l'infirmier venait vers moi pour me dire d'arrêter de faire la comédie. Suite à la crise, j'avais de terribles douleurs musculaire. Je faisais une crise tous les deux jours. Ils n'ont jamais cherché d'où ça pouvait venir, pour eux c'était de la comédie. Mais j'étais sûre que c'était une réaction à un médicament et je savais lequel. Alors, il a fallu que je ruse pour ne plus le prendre. Les crises se sont espacés.
Je leur ai dit que c'était ce médicament mais rien n'à faire, ils ne me croyaient pas.
Quand j'ai été re transféré en clinique, j'ai dit à l'équipe que je connaissais bien et qui me connaissait bien, que je ne voulais plus ce médicament. Plus ce médicament, plus de crise.
Je me rends compte que j'ai eu beaucoup de chances de me sortir de tout ça. Et sortir de tout ça, sans 5 kg de médicaments par jour.