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souvenirs de psychiatrie d'un patient stabilisé

Le 4 février 2010 à 21:20 Répondre
cette émission remarquablement réalisée me touche beaucoup par la délicatesse avec laquelle ce domaine sensible a été présenté.

J'ai vécu avec une pathologie dont j'ignorais tout, avec le tabou du "psy" dans ma famille et le monde du travail du chantier où j'évoluais alors.
J'ai connu les automutilations, les alcoolisations avec médicaments jusqu'au coma et parfois quelques jours à l'hôpital pour avoir "avalé ma pharmacie"... au grand désespoir (et honte aussi) des proches qui s'éloignaient, effrayés par ces comportements dangereux et déroutants pour eux.

Lorsque il est évoqué dans le reportage que des patients s'en "sortent" en devenant relativement stables, je suis là pour en témoigner.

Après des années d'alcoolisme, de conduite dangereuse, de sabotages en tout genre, après un passage en déchoquage aux urgences et plusieurs jours paralysé de la tête aux pied, puis récupération sans séquelle, j'ai changé de vie.

J'ai arrêté de mentir, à moi surtout, j'ai reconnu avoir besoin d'aide et me suis fait aider.

J'ai cesser la cigarette, l'alcool un peu plus tard, quitté l'AI pour un premier job, puis encore deux autre métiers en 10 ans et maintenant j'ai une vie merveilleuse "souffrance comprise et assumée".

Je me suis marié, et j'ai deux enfants en bas âge, une femme fantastique qui a accepté les différences et limites de son mari.

Je suis toujours un malade psychiatrique, mais je me soigne, j'évite toute conduite inadaptée à mon fragile équilibre, et malgré des grosses déprimes de temps en temps la vie me sourit.

Je suis bipolaire type II. je suis stabilisé avec du lithium et de la venlafaxin.

Le sport est une aide précieuse pour les déprimés, par accélération du métabolisme et production d'endorphines, les hormones du plaisir. Mais alle dire à un déprimé enfermé au fond du lit qu'il lui suffit de bouger son corps pour aller mieux :-P c'est pas évident, puisque la dépression enlève toute capacité à vouloir... et comme le reportage le dit, il ne peut s'agit d'un simple coup de pied au derrière pour "réveiller" le déprimé, car ce qu'il fait c'est déjà son maximum.

Merci à la TSR d'avoir su aborder ce sujet avec tant de tact. Pourvu que cela soit positif pour les patients psy, le regard des autres est tellement lourd à porter pour certains.


3 réponses
Le 6 février 2010 à 12:59 Répondre
Fantastique!
Le 8 février 2010 à 9:28 Répondre
bravo !! félicitations! et bonne continuation !
Le 10 février 2010 à 17:44 Répondre
C'est super! Bonne continuation ;)
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