Il est tout-à-fait exact que les lacunes de l'éducation sexuelle sont une des causes de la réaction de la société face à la différence. Il faut rapidement que les choses changent et que cette pseudo-éducation sexuelle soit donnée de façon adéquate et tenant compte de ces différences. C'est le terreau de la compréhension et sans elle, rien ne changera vraiment.
Excusez-moi d'être sévère mais ce n'est pas là un problème qui affecte le genre car il n'y a pas d'ambiguïté visible.
Même si c'est un cas d'inter-sexualité (appelé aussi pseudo-hermaphrodisme masculin ou testicule féminisant) : il n'y a aucune possibilité d'être d'une autre apparence que féminine dans le syndrome de Morris ou alors c'est qu'on vous a trompé(e) sur le diagnostic.
Le problème est alors un problème de santé et de fertilité pas d'image de soi et de relation à l'autre en tant qu'individu d'un genre ambigü.
Ce type de cas est typique de la raison de l'exclusion des personnes portant un syndrome d'intersexuation dans la prise en charge du transsexualisme (qui s'intéresse principalement à l'adaptation sociale de l'individu dans le genre/civilité désirée).
Je reprends le message au-dessus : je voulais dire "un problème qui n'affecte pas le genre." (ça m'apprendra à me relire sur un forum ou l'on ne peut pas éditer)
Une fois expliqué, le syndrome de Morris n'offre que la possibilité dans la "norme" de notre société que la possibilité d'apparaître en tant qu'individu féminin au sens clinique.
Les problèmes psychologiques qui apparaissent à la puberté sont l'absence de certaines marques de la fertilité féminine : menstruation (les règles ...) et après examen : la possibilité de porter un enfant.
Néanmoins un fois ce cap de l'acceptation passé, et l'information donnée, un vie organisée peut voir le jour car le problème apparait comme sans solution biologique mais notre société offre certains contournements (adoption et réponse aux besoins de santé).
La stigmate de ne pas se sentir une "vraie femme" reste un piège identitaire commun aux inter sexués qui vivent dans ce genre mais il est atténué, car indétectable par le commun des mortels et surtout sans la mutilation du bistouri sur l'organe génital.
Dernier point : " Le problème a été détecté à l'adolescence lorsque lors d'un contrôle, il s'est avéré que ses ovaires étaient en fait des testicules. Elle a été opérée à 17 ans, et ensuite notre fille a suivi une thérapie. "
Cette manie de castrer systématiquement les inter-sexués relève de la compulsion du bistouri dans le monde médical.
Votre fille est maintenant obligée de suivre un traitement hormonal contre l'ostéoporose du fait du retrait de ses gonades. Ces dernières produisait naturellement une quantité non négligeable d'oestrogènes (car les testicules pubères en produisent) qui assurait le maintien osseux et ont provoqués sa féminisation.
Egalement cela a un effet non négligeable sur la libido et donc le bien-être psychique.
Même si la prévalence en terme de risque de cancérisation gonadique pour des testicules non descendus est plus importante ; il est préférable de faire un suivi sur les marqueurs hormonaux, l'aspect échographique et les indicateurs de cancérisation plutôt que de supprimer un organe fonctionnel précocément.
Psychologiquement : de quoi a-t-on peur ? qu'elle devienne subitement un mec ou que son comportement soit viril ? que sa libido soit déjantée ?
Non, il faut poser le problème en terme de santé et pas agiter le spectre de la mort ou de la maladie.
Vivre avec des organes en moins pour une mauvaise raison c'est encore et toujours vivre mutilé.
Je referme la longue parenthèse ci-dessus pour finalement qu'on se demande ce que doit pallier l'éducation sexuelle à l'école :
Doit-on simplement parler de la façon dont un spermatozoïde et un ovule produise un oeuf, puis un embryon et enfin l'évolution du foetus jusqu'à la naissance de bébé ?
Ou bien parler de sexualité (hétérosexualité homosexualité), de la manière de se protéger des maladies sexuellement transmissibles, de la contraception ?
C'est vrai aussi qu'il faut évoquer le sujet de l'hermaphrodisme et du transsexualisme et globalement du sujet de l'identité du moi en tant que homme, femme ou autre.
Il faut éduquer les enfants sur le fait que l'identité de genre tout autant que le choix de sexualité est un droit de la personne.
Il faut inculquer le fait que la sexualité est un échange consenti entre deux êtres et pas un plaisir volé.
Les mentalités, je pense, sont en train de changer. Lentement, certes, mais elles changent bel et bien. C'est déjà une grande chance qu'aujourd'hui on puisse avoir des idées ou des comportements différents de cette fameuse "norme" que beaucoup de monde cherche à viser, sans pour autant être automatiquement exclus... Mais il reste encore beaucoup de boulot!!! Et c'est certain qu'il serait essentiel que l'éducation sexuelle dans les écoles y participe, ainsi que les enseignants d'une manière générale.