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Hôpital Psy à coeur ouvert

4 février 2010 à 20:10

Face à la maladie mentale, la stigmatisation sociale est encore forte. Comment briser ce tabou? Comment en parler à son entourage? Comment le présenter à son employeur?

Le docteur Pedro Planas, médecin psychiatre, directeur médical du Centre neuchâtelois de psychiatrie participe à la discussion.

Temps présent: "Hôpital Psy à coeur ouvert"

Suite.. Le 7 février 2010 à 23:35

Aujourd'hui j'ai un beau garçon de 7ans. Je suis suivie par un psy qui ne m'a pas diagnostiquée bordeline, j'ai des troubles de gestion de stress, des troubles de l'humeur ( hormonales ) et des petites phobies qui sont en lien avec mon séjour à préfargier; 2ans enfermée ça vous rends plutôt phobique de la foule.. J'ai été traumatisée. Mon angoisse est de replonger dans un etat dépréssif et devoir y retourner. J'ai fait un séjour de 2 semaines à la Rochelle il y a 1an, j'étais fixée sur le temps que je voulais y passer, 2 semaines c'est tout, les médecins m'ont beaucoup rassurée, me disant qu'ils n'étaient PF. Tout était dit.

Non non non!! J'y ai perdu 2ans et ce n'est pas si beau! Le 7 février 2010 à 23:10

Non, M. J-p W., comme il le dit dans le reportage ;
- j'ai le droit de traiter quelqu'un contre sa volonté.
J'ai eu 6 neuroléptiques différents à hautes doses! Avec touts les effets indésirables qu'ils peuvent causer et la listes est plutôt longue. J'y suis rentrée pour une dépréssion sévère et comme pour beaucoup celles ci occasionnent une perte d'identité, ils auraient pu me mettre avec des toxicos, j'aurai fini par me droguer, car cette déprèssion fait que l'on copie sur l'autre pour s'approprier une personnalité, un caractère. Mais ils m'ont mis chez les bordelines, pourquoi? J'avais le look, punk, 19ans, ça allait bien. je voulais rester 3 semaines histoire de me remonter. Mais le directeur M. J-p W. en a décidé autrement. il m'a tout d'abord shooté par un coktail ne neuroléptique qui m'ont fait prendre 20 kilos en 3 mois, puis a décidé de ne plus me laisser sortir, et les mutilations ont commencés. je copiais. Mais le comble, un des effets secondaire des neuroléptiques est de ne pas ressentir votre corps! De vous sentir dans un petit monde, enfermé, d'avoir l'impression de mourir, de ne plus rien voir... J'ai maintenant des marques, des cicatrices des brûlures que je me suis infligées il y a 8-10 ans. Des brûlures au 3ème degrès. J'ai passé 3 moois enfermé dans une chambre, pour compagnie, mon lit, ma table de chevet et le mur, ce n'était pas l'isoloir non , c'était MA chambre, 3 mois, et toute les semaines le docteur venait voir et me demandait comment j'allai, que pouvais-je lui répondre? JE veux Sortir! NON il disait, non. sans aucune raison, je n'avais le droit a rien, comment ne pas vouloir mourir?? j'y ai passé aussi 2 mois et 1 mois à des dates differentes. Lorsque j'ai voulu sortir de cet hopital definitivement M. W. m'a répondu; tu ne tiendra pas.. en riant! il m'a dit; dans 2 jours tu es là! Comment être dehors avec cette manipulation? J'ai craqué dehors mais je n'y suis pas retourné j'ai demandé à aller à Perreux d'abord. Puis lorsqu'on m'a transféré ma mère s'est disputé avec l'équipe et le docteur, ils lui ont dit, oui nous ne savons plus ce qui est de l'ordre de la maladie ou des médicaments, j'ai passé 12 jours dans l'isoloir pour me sevrer de touts ces neuroléptiques, je revoyais enfin la ccouleur des arbres, les moutons dans le parcs, et quand il est venu au bout d'une semaine et qu'il m'a dit; tu reste encore dans l'isoloir quelques jours! Je lui ai dit pas grave! Je vois enfin tout! C'est beau!! Ensuite j'ai demandé mon transfert dans une aile, dirigé par un autre médecin, qu im'a traité avec respect, qui m'a accordé sa confiance. j'ai pu sortir quelques mois plus tard et quelques mois encore plus tard j'ai donné naissance à un beau bébé. Alors non le reportage que vous avez fait n'est pas fidèle à la vérité.

Psycho de famille Le 7 février 2010 à 20:08

J'ai beaucoup apprécié votre reportage, mais vous ne mentionnez aucunement la psycho-thérapie de famille que l'on retrouve dans tous les nouvelles méthodes de traitement d'un patient pour qu'il puisse s'en sortir à long terme. En temps que support d'une personne qui se trouve à Perreux depuis bientôt 3 mois, nous n'avons que très peu de nouvelles sur son évolution et dans quelle direction l'on se dirige avec son traitement

Vous savez ce qui me choque? Le 5 février 2010 à 20:52

Ce qui me choque, c'est que tout les patients demandent à sortir:
Sortir de la chambre d'isolement,
Sortir pour fêter son anniversaire,
Sortir tout simplement,

Ce qui me choque, c'est également, lorque la patiente sombre dans un état comateux et qu'à l'intérieur de l'hôpital psychiatrique, il n'y ait pas un médecin pour intervenir. L'infirmière doit appeler le 144.
Et la conclusion, c'est que la jeune patiente est tombée dans un sommeil comateux à cause de sa pathologie!?!? Ne serait-ce pas à cause des sédatifs qui lui sont administrés?

C'est vrai que la froideur du corps médicale est apparente dans ce reportage.
Et la présence de 10 personnes au chevet de cette patiente qui ose à peine demander une autorisation pour sortir avec ses parents pour un souper d'anniversaire. Je me demande comment elle fait pour parler de choses intimes qui touchent à sa maladie à autant de personnes en même temps.
Comment peut-on se sentir en sécurité quand il faut se justifier auprès d'autant de personnel médical?
Comment peut-on se sentir en sécurité quand on voit la froideur avec laquelle intervient l'infirmière au moment du couché?
Comment peut-on se sentir en sécurité si lorsqu'on a un malaise il n'y a pas de médecin sur place et qu'il faut faire intervenir le 144?

Je comprend cette envie de sortir des patients, ils ne se sentent pas en sécurité.

Y-a-t-il une vie à-pré fargier ??? Le 7 février 2010 à 17:57

Après 5 ans de VIE, je pensais gentiment me réconcilier avec mon vécu à l'hôpital de Préfargier. Rien à dire sur la réalisation du documentaire. Par contre, je reste attristée des méthodes de prise en charge des patients.

En 5 ans, aucune évolution apparente!

Voici mon témoignage:
Il y a 10 ans, on m'a diagnostiquée Borderline. Les médecins me l'ont apporté comme une fatalité. J'étais donc condamnée à être malade psychique à vie et à prendre des médicaments (jusqu'à 25 par jour!!!)pour stabiliser, gérer, et diminuer mes angoisses, mes douleurs et mes humeurs.

Certes, j'étais en mauvais état et j'avais besoin d'aide. Je ne fais aucunement le déni de la maladie psychique, mais je ne suis pas d'accord que l'on condamne les gens à travers un diagnostique. Il est tellement plus facile de les étiqueter, de les classer et de les ranger que souvent on oublie l'essentiel et la source. Durant 6 ans,j'ai navigué entre Préfargier et un pseudo chez moi plus de 30 fois. L'hôpital était devenu ma résidence secondaire. je m'y rendais pour un oui ou pour un non, avec la Bénédiction des Grands Médecins. Et comme hostie, le nouveau neuro-stabilisateur en vogue. J'étais une patiente modèle qui vénérait son médecin.

Lors d'un séjour, une infirmière m'a touchée par sa clairvoyance: elle avait bien saisi que tout ne se jouait pas à coup de pilules stabilisantes, mais qu'il était nécessaire d'utiliser d'autres outils qui responsabilisent le patient.

Un beau jour, je n'ai plus voulu me réduire à une étiquette. J'ai cessé d'être la patiente parfaite. J'ai quitté mon psy et j'ai choisi de croire en la VIE. Ainsi j'ai pris en main ma destinée et j'ai osé croire en mes capacités.

Je ne voulais plus GéRER, je désirais vivre, juste vivre.

Je n'ai jamais totalement cru aux dires des médecins qui affirmaient que mon cerveau disfonctionnait. Par contre, j'ai compris qu'un de mes problèmes majeurs, générant la liste des symptômes d'une personne Borderline était ma relation à l'alcool. Malheureusement, le psychiatre chef en a toujours fait le déni et ne m'a pas soutenu dans ma démarche vers la liberté.
Aujourd'hui, je ne gère plus mes émotions, je les vis! plus aucun médicament, plus de substitut psychotrope et plus d'alcool et plus de psy non plus;-)
Je vis une VIE pleine et consciente. Mes meilleures outils furent mon choix premier de vivre ou de mourir, l'honnêteté envers moi-même, les témoignages et l'accompagnement de personnes qui ont eu l'audace de s'en sortir. Pas de demi-mesure! suite à mon choix premier de VIE, je suis vivante dans tous les domaines de ma vie: professionnel, affectif, santé...
IL Y A UNE VIE APRèS Préfargier, peu importe la forme, variante selon les potentialités que nous avons TOUS.
Belle vie à vous tous!

Guérison? Le 4 février 2010 à 21:14

Bipolaire, borderline quel est votre avis quand a une guérison ou a un retour a une "vie normal", j'aurai besoin de votre avis comment conséiller quelqun qui subi ces troubles.

Emission intéressante mais... Le 7 février 2010 à 12:35

Il me semble qu'on a bien embellie les choses.
Le patient se transforme en maladie. Il ne devient plus que le malade. Sans aucune considération. Le malade se transforme également en pharmacie.
Il est tellement plus facile de donner un médicament que de prendre 10 minutes pour discuter, échanger avec le patient afin de mettre des mots sur l'angoisse du moment.

Voici mon témoignage, mon séjour remonte il y a 15 ans. Mais je sais que peu de choses ont changé :

Ai fréquenté Perreux et Préfargier, hôpitaux de l'émission, pour dépression. On m'a mis à Perreux pour me protéger car je n'avais qu'une idée en tête : Mourir. J'étais contre le fait d'y aller. Mais pas le choix. Vous allez me dire : on a toujours le choix. Ben pas forcèment. Je me suis retrouvée à la réception du bâtiment de l'unité où j'allais être avec deux infirmiers homme et un troisième qui m'explique que si je ne signe pas mon admission, je suis de toute façon hospitalisée et que mon dossier sera transféré au juge et que je passerai sous tutelle afin qu'il puisse agir pour ma santé. Et je rappelle que j'y allais pour dépression. Oui avec des envies de suicide.

Je me retrouve en service fermé. La porte pour entrer ou sortir du service est verrouillé. Porte vitré on voit tout ce qui se passe à l'intérieur.
Il n'y a aucune possiblité de fermer à clé les portes des WC ni celle de la douche. Notre chambre est fermé à clé la journée. Donc vous vadrouillez dans les couloirs. Mais vous êtes tellement abruti de médicaments que marcher se fait mécaniquement. Y a le carré, c'est la petite salle ou on est assis et quand on attend que le temps passe. Et si par chance, votre infirmier aura 15 minutes pour vous dans la journée, vous pourrez sortir. Pour les repas, on a droit à des ustensiles en plastique.

Matin, midi et soir, la prise de médicaments. Devant l'infirmier et vous devez ouvrir grand la bouche pour qu'il vérifie que les médicaments soient descendu. Si vous n'êtes pas bien la journée, pas de soucis, demandez vous aurez. Plus simple de donner un médicament que de discuter 15 minutes. Et je vous promets que les infirmiers avaient le temps mais pas l'envi.

La nuit à 21h, dernière tournée de médicaments. Et vous avez la dose de cheval afin de dormir. Moi je dormais rarement alors je pouvais 2 à 3 médicaments de plus dans la nuit. C'était genre : " Ah mais vous dormez toujours pas ? Tenez ça".

J'ai commencé à faire des crises bizarre à Perreux. Mes yeux montaient au plafond, donc je regardais contre le haut, je devenais très rigide, tellement rigide que je tombais. Mes bras se repliaient, impossible de les tendre. Toutes mes crises, on m'a laissé par terre. Je n'entendais rien, je ne pouvais plus parler. Je ne sais pas combien de temps que ça durait. Quand la crise passait, l'infirmier venait vers moi pour me dire d'arrêter de faire la comédie. Suite à la crise, j'avais de terribles douleurs musculaire. Je faisais une crise tous les deux jours. Ils n'ont jamais cherché d'où ça pouvait venir, pour eux c'était de la comédie. Mais j'étais sûre que c'était une réaction à un médicament et je savais lequel. Alors, il a fallu que je ruse pour ne plus le prendre. Les crises se sont espacés.
Je leur ai dit que c'était ce médicament mais rien n'à faire, ils ne me croyaient pas.
Quand j'ai été re transféré en clinique, j'ai dit à l'équipe que je connaissais bien et qui me connaissait bien, que je ne voulais plus ce médicament. Plus ce médicament, plus de crise.

Je me rends compte que j'ai eu beaucoup de chances de me sortir de tout ça. Et sortir de tout ça, sans 5 kg de médicaments par jour.

Aide à la famille proche Le 5 février 2010 à 18:22

Je suis maman d'un jeune adulte qui a déjà fait 2 tentatives de suicide et qui est allé (sur mes conseils et à sa demande) faire un court (4 jours) séjour en hôpital psy. Maintenant il vient de commencer à rencontrer une psy, à raison de 2 fois par mois. A la maison il ne parle que très peu et pas du tout de ses sentiments. De plus la vie de tous les jours et surtout le milieu du travail l'angoisse énormément.
Comment l'aider? Sachant qu'il est un adulte et que les médecins ne nous renseignent pas beaucoup sur sont état. Existe-t'il des groupes de soutien pour la famille proche, ou l'on pourrait parler de notre ressenti et, peut-être se soutenir.
Dois-je essayer de le faire parler ou au contraire le laisser tranquille?
Merci de vos réponses

LES FOUS SONT AUSSI EN LIBERTE... Le 7 février 2010 à 11:08

la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille.Il y a des agresseurs de personnes et l'on se retrouve chez les psy. Alors commence la résilience.Comme l'explique le Psy Boris Cyrulnik, rescapé de la Shoah. Il y a des super psy Dr Yanniotis,GE, entre autre, et de moins bons.
A vous tous,malades, prompt rétablissement.SimonRegenass

Réaction propos étudiant infirmier Le 6 février 2010 à 22:02

en 1ère année ???
eh oui, entre la théorie et la pratique...........mais les beaux idéaux et la bonne volonté ne suffisent pas toujour! jeune personne, quelles sont vos réelles motivations ? Il est plus facile de voir la paille dans l'oeil......vs êtes-vs observé dans votre propre pratique?? la remettez-vs régulièrement en question ? êtesv-vs tjrs adéquat ?? il est tellement plus facile de juger surtout lorsqu'on parle de ce qu'on ne connaît pas.
Votre méconnaissance de la maladie et de la réalité psychiatrique est flagrante.
La réalité de l'hôpital - psychiatrique, en particulier - n'a rien à voir avec le club méd!!! on y attérit pas en faisant choix sur catalogue, en fonction du style architectural ou de la déco, et si vs vs donnez la peine de le visualiser une seconde fois, peut-être remarquerez-vs que, dans plusieurs séquences on peut voir des tableaux qui ornent les murs. Il n'est pas précisé, mais souvent ce sont les réalisations de patients qui sont exposées.
La réalité des personnes en souffrance n'a rien a voir avec celle d'un étudiant ambitieux....
L'urgence et/ou la complexité certaines situations ou prises en charge ne peut pas s'expliquer en 60' de reportage.
Il n'y a pas de lieu idéal, ne rêvons pas! et les soignants (en médecine somatique ou psy)restent des êtres humains perfectibles et qu'à l'image des personnes qui nous entourent, certains sont magnifiques d'humanité, d'autres un peu moins. D'ailleurs, je me réjouis de vous retrouver après 30 ans de "carrière" si vous tenez le coup et nous pourrons à nouveau échanger ......
mais sachez que les soins en psychiatrie ont beaucoup évolué (en bien)mais qu'il reste encore bcp à faire, qu'il n'y a pas de solution standart ni de recette-miracle.
Deux choses cependant sont regrettables : 1°) il y a encore 1 dizaine d'années la formation d'infirmier en psychiatrie était spécifique avec son propre cursus, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
2°)Le poids des assurances !! dans la durée des séjours hospitaliers....= compenser à tout prix quitte à multiplier les hopitalisations.
Je tiens à préciser que j'ai plus de 30 ans d'expérience dans ds les soins : j'ai commencé tout au bas de la pyramide,comme aide de division (pour payer mes études) dans un service qu'on nomme actuellement psycho-gériatrique. Cordialement, bien à vous. Mélodie


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