Il est tout à fait compréhensible et regrettable que des entreprises souffrent d'une hausse vertigineuse des tarifs.
Cependant il faut pédaler environ 8 heures pour produire 1 KWh, expérience faite avec un vélo génératrice d'une centaine de Watts. Quel ouvrier accepterait de pédaler 8 heures pour un salaire de 20 Ct par jour ou de 2.5 Ct à l'heure ?
Une hausse progressive des tarifs est souhaitable, ne serait-ce que pour augmenter la compétitivité des énergies renouvelables qui ne représentent qu'une part marginale de la production d'électricité à l'échelle planétaire.
L'usine de Chavalon serait un véritable gaspillage d'énergie sachant qu'il n'y a pas la possibilité de revaloriser les excédents de chaleur sur place par l'intermédiaire d'un réseau de chauffage à distance.
Qu'il faille quelques usines à gaz pour satisfaire la demande est compréhensible, mais pourquoi ne pas construire des centrales "urbaines" comme celle de Pierre-de-Plan à Lausanne, précisément raccordée au réseau de chauffage à distance ?
Pour conclure, la cogénération a de l'avenir et son usage devrait être systématique à moyen terme, à condition que les entreprises électriques acceptent de jouer le jeu en rachetant le courant au prix fort aux heures de pointe. Non seulement les installations serait très rentables en prenant l'exemple des chaufferies d'immeuble, mais pourraient également être pilotées à distance en fonction de la demande.
Combien avons-nous de chaudières au fuel ou à gaz en Suisse d'une puissance supérieure à 200 KW qui pourraient potentiellement être remplacées par des couples chaleur-force d'une puissance électrique de 50 KW ou plus ? Des milliers...
10'000 cogénérations de 50 KW = 500 MW
5'000 cogénérations de 100 KW = 500 MW
1000 MW fonctionnant 1500 heures par an = 1'500'000 MWh, soit 1.5 milliards de KWh
30'000 installations de cogénération pourraient produire l'équivalent de la centrale nucléraire de Mühlberg tout en exploitant des infrastructures existantes (chaufferies et raccordements électriques des immeubles).
Quels sont les obstacles ? Peut-être la loi sur la libéralisation du marché ?
En tous les cas, les compagnies électriques ne joue pas le jeu en rachetant le courant des petits producteurs à un prix fixe, alors qu'ils pourraient profiter des fluctuations du marché de l'électricité.
Il y a peut-être quelque chose à faire sur le plan législatif pour imposer un prix minimum de rachat (le prix coûtant) tout en obligeant l'acheteur à tenir compte du prix de revente de le décompte final.