C'était une année avant la crash du SR111.
Nous venions de décoller à minuit de Yaoundé dans un MD11 de Swissair.
Nous avions atteint l'altitude de croisière, les hôtesses commençaient à servir l'apéritif.
Soudain, une explosion et un bruit de suscion infernal.
Le commandant accourt et devient blême: Le joint de pressurisation d'une porte de secours, au milieu de la carlingue vient d'exploser. Les objets légers tels que gobelets en plastique, sont aspirés et passent à l'extérieur par la jointure de la porte.
Le pilote rejoint sa cabine, les masques à oxygène tombent, les lumières s'éteignent, sauf les ampoules guises des couloirs pour guider les passagers aux portes de secours.
Le pilote applique la procédure:
- Descente en-dessous de 2000m en piqué
- Largage du kerozene
Une forte odeur de carburant envahit l'habitacle, on pense au feu..
Les bonnes soeurs québécoises du rang de derrière prient, la jeune hôtesse est pétrifiée et laisse l'initiative à sa collègue plus expérimentée. Les passagers qui dont les sièges côtoient la porte se dirigent vers l'arrière de l'avion, qui est plein. L'hôtesse à toutes les peines du monde à les faire revenir à leurs places.
L'avion vibre terriblement lors du piqué, les masques à oxygène sont en partie défectueux..
Je tente de trouver mon sac que j'avais à mes pieds, pour prendre ma caméra. Celui-ci a glissé 3 rangs devant à cause du piqué.
Mon voisin de siège est blême. Je tente de le rassurer, car j'avais appris que la procédure en cas de perte de pressurisation est de descendre au plus vite en-dessous de 2000 m.
Soudain, après 4 à5 (?) minutes de piqué, l'avion arrondit et le calme revient dans l'avion, mais la porte vibre de plus en plus.
Nous avons atterri à nouveau à Yaoundé. Un petit camion de pompier est arrivé, avec un type assis sur le pont avec une lance à incendie. Dérisoire!
Le lendemain, Swissair à envoyé un autre MD11 pour nous rapatrier. Un tiers des passagers a refusé d'embarquer en voyant que c'était le même type d'avion.
Une année après, un MD11 s'abimait à Halifax..
Votre reportage a réveillé en moi le souvenir de ces longues minutes de descente où l'on espère que le pilote est à la hauteur, que la mécanique va tenir et où l'on pense aux siens.