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Le prof et les enfants terribles - Temps Présent du 27 août 2008

27 août 2008 à 12:03

Que faire avec les enfants difficiles? Ont-ils vraiment leur place à l'école?

IViolaine Clément, adjointe de direction au collège de Pérolles à Fribourg, participe à la discussion./I

Intervention Le 15 septembre 2008 à 15:20

Bonjour

Je dois dire que j'ai été choquée d'entendre de la bouche de certains enseignants l'argument selon lequel, si un enfant est perturbé ou agité, ce serait le fait de mauvais traitement affligé par les parents.....!!! C'est inadmissible de dire une chose pareille sans avoir de preuves.

Certes, certains parents sont vraiment maltraitants et certains enfants sont de ce fait perturbés. Mais ne mettez pas tout sur le dos des parents...c'est la porte ouverte à des dérapages.

J'ai vécu un signalement aux autorités compétentes sous prétexte qu'un de mes enfants était perturbé à l'école. Finalement, les autorités nous ont donné raison (après enquete) et nous ont blanchis mais JAMAIS Oh non JAMAIS une aide concrète a été apportée à notre enfant. :-((( On nous a sali, enfoncé....et ensuite plus rien..!

On a du se débrouiller seuls avec nos enfants. Notre ainée a été descendue psychologiquement par une maitresse enfantine...notre second jamais aidé et notre dernier presque éjecté de l'école.

Maintenant tout va mieux, mais pas grace aux enseignants mais grace à NOUS, soit disant mauvais parents d'enfants perturbés....!!! Et dire que les enseignants suivent des cours de pédagogie??? Moi ça me laisse perplexe.

Salutations d'une maman qui a vécu le pire dans sa vie et qui s'est débrouillée seule pour aider ses enfants....

Intervention Le 7 septembre 2008 à 22:04

@babar0204
Quand je pense que l'on enseigne encore l'Allemand en 3ème primaire alors que cette langue ne sert plus à rien; il n'existe pas un allemand ne parlant pas l'anglais, encore plus les suisses allemands babar


@Babar,
Je vous suggère d'aller regarder les exigences de la Confédération, des banques et des cabinets d'avocats concernant les langues avant de prétendre que l'allemand ne sert à rien. Evidemment, pour des postes de caissière, coiffeuse, vendeuse, serveur etc, l'allemand n'est peut-être pas très demandé, mais est-ce que ce sont là les postes auxquels vous entendez cantonner les élèves difficiles ?
Evidemment, pour ne PAS rompre la spirale de la pauvreté, de l'environnement difficile et des jobs précaires, votre solution est certes la meilleure.
Surtout, ne leur donnons pas l'opportunité de viser plus haut que l'école obligatoire....

PS. Avant que je me fasse allumer par toutes les caissières de ce forum, je précise que je ne déprécie pas les métiers que j'ai cités, ils sont aussi honorables que les autres. Ils sont simplement la plupart du temps... précaires, mal payés et insuffisamment rentables pour permettre d'élever une famille, ce qui contribue à alimenter les écoles en élèves difficiles. Même si tous les élèves à problème ne viennent pas familles défavorisées, bien sûr.

Intervention Le 6 septembre 2008 à 17:56

Trop d?enfant, à l?école ou à la maison, souffrent de conditions telles que des difficultés d?apprentissages, des problèmes de lecture ou d?écriture, ou de déficits d?attention avec ou sans hyperactivité. Ce qui peut les amener à se marginaliser, du fait de leur différence, et à se faire cataloguer de "difficiles" par le corps enseignant ou par leurs proches.

Ces conditions ne sont pas une fatalité. Elles ne sont qu?une façon que l?enfant a trouvé pour s?adapter au monde environnant avec les outils dont il dispose. En effet, si pour une raison ou une autre, un enfant n?a pas reçu de stimulations suffisantes pour son système nerveux dans ses premiers mois de vie, là où le développement se fait le plus rapidement, il devra utiliser des stratégies différentes pour compenser ce manque par la suite.

Par le mouvement, un programme d?exercices spécifiques, et une thérapie corporelle adéquate, il est possible de re-stimuler les régions du cerveau qui en ont besoin. Les conséquences sont importantes : meilleur apprentissage à l?école, rattrapage du retard scolaire, amélioration de la lecture et de l?orthographe, meilleure intégration à l?école, meilleure adaptabilité sur le plan social, meilleure ambiance à la maison, meilleure coordination, diminution de l?anxiété et des crises de colère.

De plus, il est important de remarquer qu'un enfant se comportera toujours d'une manière qui va l'avantager, selon ses propres valeurs. Il y a toujours un mobile derrière tous ses comportements. En l'observant bien, on peut arriver à comprendre son fonctionnement, ses motivations, ce qui le fait agir ainsi du point de vue physiologique. Cela va permettre de nous donner des indices intéressants quant à sa prise en charge.

Des solutions existent.

Intervention Le 5 septembre 2008 à 21:19

@GigiRod
Je ne suis pas certain qu'il faille revenir à une discipline plus stricte. Si l'enseignant donne des règles claires et les applique, inutile d'utiliser le bâton pour enseigner...

Par contre, expliquer aux enseignant qu'il ne faut pas répondre au téléphone pendant les cours devrait être de mise. Je suis enseignant, jamais il ne me serait l'idée de faire une telle chose, mais nous ne sommes pas tous pareils!

Pour ce qui est de la formation universitaire pour des enseignants en primaire, je ne vois pas bien de quoi vous voulez parler. S'il s'agit d'une formation pédagogique universitaire spécialisée dans l'enseignement primaire, d'accord.
Pour prendre mon cas, j'ai une formation universitaire en musicologie, formation de pointe pour l'analyse contextuelle et musical de n'importe quelle oeuvre musicale, je suis désormais persuadé qu'elle n'est pas nécessaire pour enseigner à l'école secondaire (ce qui est mon cas). La formation la meilleure, ce qui signifie la plus pointue, au niveau universitaire n'est pas ce qu'il y a de mieux pour enseigner. Laissons à la recherche ce qui est à la recherche...

Pour ce qui est de la formation pédagogique, je ne pense pas qu'elle soit inadéquate pour l'instant. Une formation existe et est semble-t-il nécessaire, mais pas suffisante pour bien enseigner. Ce qui est essentiel, c'est la formation tout court, la formation pédagogique et par dessus tout: l'expérience. Sans expérience, aucun moyen de bien enseigner... On apprend tous les jours en enseignant, et surtout de ses erreurs!

Valoriser les enseignants (es) du primaire, accepter des enseignants qui ont envie de travailler et qui aime les enfants et les respectes.

OUI!!! sans oublier les enseignants des autres degrés! Un des meilleurs prof que j'ai eu m'a dit que son secret était qu'il aimait ses élèves, sans concession! J'essaye d'appliquer la même chose, ce n'est pas toujours simple, mais on y arrive! Ce n'est pas la seule solution, mais avec cela, nous faisons probablement mieux notre travail.

Et pour ce qui est des élèves difficiles, expériences faites, c'est souvent à eux que l'on s'attache le plus. J'aurai toujours en tête le sourir des élèves d'une classe difficile qui ont apprécié mon cours de musique... à vrai dire, c'est pour cela que je fais ce magnifique métier!


Nous partageons un souci commun des élèves, qui peut s'appeler amour. Il est vrai que certains élèves sont moins faciles à aimer, c'est peut-être ceux qu'on appelle les élèves difficiles. Comme vous, ils me paraissent cependant dignes de considération. C'est peut-être un cran au-dessus de l'amour. Lorsque les élèves sont surpris par la sonnerie de la fin de cours, ou qu'ils se mettent à questionner l'enseignants sur l'objet sa passion, c'est alors que je reçois mon salaire. C'est pourquoi il me semble qu'il y a nécessité, lorsqu'on travaille avec des élèves, qu'il s'agit bien d'élever à la dignité de sujets humains, de poursuivre soi-même sa recherche, pointue, mais pas forcément universitaire.

Intervention Le 4 septembre 2008 à 17:09

@Milo

Je me suis apperçue que la discipline dès les plus petites classes était inexistante. Les règles élémentaires pas repectées de la part des élèves, ainsi que de la part de certaines enseignantes qui, par exemple, répondent à leur téléphone portable pendant la classe (c'est du vécu en 4ème primaire) . L'enfant intègre cette mauvaise conduite.
Il faut un retour à la discipline plus stricte dès la première année primaire. Valoriser les enseignants (es) du primaire, accepter des enseignants qui ont envie de travailler et qui aime les enfants et les respectes.
Il faut augmenter les salaires des enseignants de primaire et engager des personnes à formation universitaire.

Le seul problème que je vois c'est que les enseignants n'ont pas la formation pédagogique adéquate.


Je ne suis pas certain qu'il faille revenir à une discipline plus stricte. Si l'enseignant donne des règles claires et les applique, inutile d'utiliser le bâton pour enseigner...

Par contre, expliquer aux enseignant qu'il ne faut pas répondre au téléphone pendant les cours devrait être de mise. Je suis enseignant, jamais il ne me serait l'idée de faire une telle chose, mais nous ne sommes pas tous pareils!

Pour ce qui est de la formation universitaire pour des enseignants en primaire, je ne vois pas bien de quoi vous voulez parler. S'il s'agit d'une formation pédagogique universitaire spécialisée dans l'enseignement primaire, d'accord.
Pour prendre mon cas, j'ai une formation universitaire en musicologie, formation de pointe pour l'analyse contextuelle et musical de n'importe quelle oeuvre musicale, je suis désormais persuadé qu'elle n'est pas nécessaire pour enseigner à l'école secondaire (ce qui est mon cas). La formation la meilleure, ce qui signifie la plus pointue, au niveau universitaire n'est pas ce qu'il y a de mieux pour enseigner. Laissons à la recherche ce qui est à la recherche...

Pour ce qui est de la formation pédagogique, je ne pense pas qu'elle soit inadéquate pour l'instant. Une formation existe et est semble-t-il nécessaire, mais pas suffisante pour bien enseigner. Ce qui est essentiel, c'est la formation tout court, la formation pédagogique et par dessus tout: l'expérience. Sans expérience, aucun moyen de bien enseigner... On apprend tous les jours en enseignant, et surtout de ses erreurs!

Valoriser les enseignants (es) du primaire, accepter des enseignants qui ont envie de travailler et qui aime les enfants et les respectes.

OUI!!! sans oublier les enseignants des autres degrés! Un des meilleurs prof que j'ai eu m'a dit que son secret était qu'il aimait ses élèves, sans concession! J'essaye d'appliquer la même chose, ce n'est pas toujours simple, mais on y arrive! Ce n'est pas la seule solution, mais avec cela, nous faisons probablement mieux notre travail.

Et pour ce qui est des élèves difficiles, expériences faites, c'est souvent à eux que l'on s'attache le plus. J'aurai toujours en tête le sourir des élèves d'une classe difficile qui ont apprécié mon cours de musique... à vrai dire, c'est pour cela que je fais ce magnifique métier!

Intervention Le 4 septembre 2008 à 16:32

@babar0204
Allez je jette le pavé dans la m....
Au même titre que les officiers de l'armée depuis 20 ans ont un niveau inférieur aux soldats, ce qui n'était absolument pas le cas avant; les profs sont tout simplement médiocres...encore plus aujourd'hui qu'il y a 20 ans!
Alors comment demander à des prof. d'avoir la personnalité et les capacités de gérer des enfants peu dociles.
Pour ce qui est des parents, encore faudrait il se rendre compte de qui sont les parents des enfants à problèmes et bien toujours les mêmes:
monoparentals, étrangers non intégrés, etc...
Les seules victimes sont donc bien les enfants.
Quand je pense que l'on enseigne encore l'Allemand en 3ème primaire alors que cette langue ne sert plus à rien; il n'existe pas un allemand ne parlant pas l'anglais, encore plus les suisses allemands et alors avec le temps et l'argent utilisé pour enseigner cette langue on pourrait aider un peu plus les enfants ayant une vie difficile! J'oubliais, on enseigne même le LATIN, wow, la débilité n'a pas de limites et le monde politique et nos amis les prof. NO COMMENT; tout le monde les critiques...
Bonne année scolaire à tous et attention si vous critiquez quoi que ce soit on vous recommande de mettre votre enfant dans le privé, et en prime vous ne pourrez pas déduire ces coûts de vos revenus, génial non ?

babar



Cher Babar,

Je ne sais quel est le but de votre message, mais je tenais à vous dire que je me sens offensé.

Médiocre? Ne faudrait-il pas être inspecteur scolaire pour se permettre de lancer une telle affirmation. Je fais des études de haut niveau pour pouvoir enseigner un jour ce qui constitue ma passion. Il y a beaucoup de sacrifices derrière une formation universitaire, et ensuite pédagogique, tout cela pour s'entendre dire que nous avons choisi ce métier pour ces 3 mois et demi de vacances et encore, dans une généralité extrêmement blessante, que tous les profs sont médiocres. Je suis désolé, mais si j'utilise le même raisonnement que vous, tous les garagistes sont médiocres, parce qu'une fois un garagiste m'a mal repompé la roue de mon vélomoteur! Inutile de vous faire comprendre que ce type de raisonnement est totalement stérile.

Pour le problème des parents, je suis persuadé, étant enseignant, que les parents d'enfants difficiles ne correspondent pas toujours aux critères que vous avez donné, loin s'en faut. J'ai eu des élèves d'origine étrangère brillants, comme preturbateurs, et cela s'applique de la même façon aux enfants de parents divorcés et, malgré tout ce que l'on peut croire, aussi aux enfants de parents tout à fait normaux et aisés... On ne peut pas faire de généralité par rapport à cela et, en tant qu'enseignant, tout ce que nous pouvons faire, c'est être là du mieux que possible pour l'élève difficile.

Pour ce qui est de l'allemand et du latin, il semble qu'encore une fois, la généralisation est trop rapide et stérile. L'allemand est une langue officielle de la Suisse, nous devons la connaître. Pour ce qui est du latin, je tiens simplement à dire que toute notre civilisation est une déclinaison de la civilisation romaine, au niveau historique et culturel, il serait une erreur de laisser notre histoire commune aux oubliettes. Je peux comprendre que l'enseignement d'une langue dite morte puisse choquer, mais lorsqu'on sait que le français, l'italien, l'espagnol et tant de langues sont des dérivés de cette langue, il serait triste de ne pas donner la possibilité aux élèves qui le désirent (je répète QUI LE DESIRENT!) d'apprendre une langue aussi essentielle que magnifique.

Je ne pense pas avoir changer votre avis sur la question, mais il est bien de remettre l'église au milieu du village.

GigiRod

Intervention Le 31 août 2008 à 16:17

@Denis
Il est en effet bien dommage que les êtres supérieurs ne se consacrent plus à l'enseignement. Employer des profs réellement doués permettrait d'économiser sur leur formation et d'augmenter l'effectif des classes sans préjudice sur la qualité des cours. Ils sauraient par ailleurs instinctivement réagir aux situations difficiles que vous mentionnez.

Ach, Hochdeutsch!!! Vous avez raison, c'est dépassé. C 7 lang la kil fo aprandre: la lang SMS! Ou encore mieux, en version anglaise (mais désolé je ne la parle pas moi-même).

Les personnes qui vous conseillent une école privée se trompent: aucun établissement existant à ce jour n'atteint le degré de pragmatisme que vous souhaitez. Le mieux serait sans doute de fonder un nouvel institut, résolument visionnaire et complètement gratuit.


Excellent ! Les êtres supérieurs se font rares, et ce qui est rare est cher, etc... Fonder un nouvel institut, c'est un rêve, et les rêves aussi sont de pus en plus rares, et de plus en plus chers... Blague à part, la question du privé et du public est une vraie question aujourd'hui, dans certain canton. Personnellement, je souhaite que le monde s'ouvre aux enfants, pas seulement aux miens, ni à ceux des adultes qui s'intéressent à l'école, mais aussi à ceux pour qui les adultes ne sont pas vraiment désirants. Et face à certains enfants por lesquels il est difficile d'avoir du désir, la société a l'obligation, plus que pour les autres, de vouloir quelque chose. C'est une question fondamentale, c'est même pour cela, à mon avis, qu'on a créé l'école. Sinon, des précepteurs privés auraient suffi.

L'argent n'est au fond qu'une forme du désir : que veut-on pour les enfants ? que veut-on pour demain ? Croit-on encore à l'avenir ?

Intervention Le 30 août 2008 à 16:44

@marilyn
Il est clair que les enfants difficiles doivent aussi avoir leur chance, mais pour cela ils ne doivent pas être des éléments perturbateurs. Il faut des enseignants ou thérapeutes spécialisés pour tenter de rectifier le tir. Mieux vaut le faire quand ils sont jeunes qu'attendre qu'ils deviennent des délinquants. Nos chers politiciens pourraient entreprendre quelque chose au lieu d'accumuler les gaffes ou d'augmenter les cotisations des caisses-maladies. A bon entendeur salut..........


Si les enfants difficiles n'étaient pas des enfants difficiles, ils ne seraient probablement pas perturbateurs... Ceci dit, les enfants qui m'inquiètent le plus ne sont pas les perturbateurs, ceux-ci savent se faire remarquer, ce sont plutôt ceux qui se ferment sur eux-mêmes, et qu'on ne remarque que trop tard (suicide, drogue...). Cela m'inquiète de penser qu'ils ont caché leur souffrance, qu'ils n'ont pas eu la confiance minimale en un autre suffisamment bon pour les accueillir.
Alors vous imainez bien que la chasse aux délinquants dès la naissance me rappelle des pages tragiques de notre histoire. Heureusement, nos politiciens me paraissent pour l'instant plus avisés que certains amateurs de méthodes fortes, dont il s'agit de se méfier absolument. Le remède est souvent plus dangereux que le mal.

Quant aux caisses-maladie, je me demande si ce ne sont pas elles, aujourd'hui, qui décident des orientations politiques, en jouant avec notre désir de sécurité. Il serait regrettable de laisser à des gestionnaires les décisions de santé publique.

Intervention Le 30 août 2008 à 16:29

@Milo
Si je vous entend bien il n'y a pas de formation adéquate ?
Tout le monde ne peut pas exercer les métiers que vous venez de citer. Il faut un don de soit pour être enseignant. C'est un métier difficile et il requiert une excellente préparation pédagogique. Il faut apprendre à réagir et agir avec des enfants difficiles, apprendre à les connaître, à se faire respecter et à les respecter, ne pas se braquer et prendre l'enfant pour son ennemi, mais réussir à l'amadouer, le calmer dans ses angoisses etc ,

Et bien oui madame désolée de vous décevoir mais tout ceci s'aquiert avec une formation adéquate !


Sans vouloir à mon tour vous décevoir, je suis désolée de vous contredire : bien sûr qu'il faut apprendre tout ce que vous dites, mais croire qu'il existe des réponses préalables à des situations nouvelles, c'est un peu comme jouer à la loterie après le tirage au sort. Calmer les angoisses des enfants, des parents ou des enseignants, c'est d'abord être un peu au clair avec les siennes, et ensuite tendre l'oreille pour comprendre où se situent celles des autres. Vaste programme, auquel toute une vie risque de ne pas suffire. En outre, l'angoisse n'est-elle pas également un moteur, qui permet les interactions, si on arrive à la transformer en désir, désir d'apprendre, désir de se mesurer ? Cela me fait penser à ce psychologue scolaire très compétent, très bien formé, qui, chargé de désangoisser un jeune qui flippait à chaque interrogation, a si bien réussi que le jeune en question, complètement désangoissé, a raté toutes ses épreuves : il faut probablement un peu de trac pour avoir envie de réussir...

Intervention Le 30 août 2008 à 16:18

@Lucile
une formation ...
il faudrait une formation pour les enfants terribles, pour les enfants dyslexiques, pour les enfants timides, pour les enfants abusés, pour les enfants à haut-potentiel, pour les enfants non-francophones, pour les enfants en échec scolaire... et bien sûr une formation pour enseigner la musique, le français, les maths, la gymnastique ...
Chacun a une formation, des compétences et l'envie de bien faire mais malheureusement cela ne suffit pas toujours.
Un cadre est nécessaire en classe mais il est de plus en plus difficile de le mettre en place car les parents et les enfants ont un pouvoir très important qui souvent déstabilise les relations d'autorité.
Les enseignants sont peu soutenus surtout lorsque le problème est la discipline.


Pour soutenir les enseignants, il faut qu'ils osent eux aussi dire qu'ils ont des problèmes Or, souvent, il semble que ceux qui ont des soucis de discipline n'osent pas rop en parler, parce qu'on risque de leur répondre qu'"il n'y a qu'à..." Parler d'incompétence, c'est toujours renvoyer l'autre à un savoir qui srait possible. J'ai fait l'expérience que le savoir est rarement préalable, qu'il faut se débrouller, bricoler, oser se tromper. Or toutes les formations pourraient servir à éviter cette position de ne pas savoir, d'être simplement là, responsable de son dire, sans se laisser submerger par l'angoisse. Un enseignant doit pouvoir se laisser déstabiliser, sans quoi il y a peu de chance qu'il trouve, avec l'élève, les solutions adaptées à ses impasses.

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