Forums

Foot : "Ultras" violents ? - Temps Présent du 29 mai 2008

27 mai 2008 à 14:16

A quelques encablures de l'Euro, la violence qui accompagne parfois le foot vous inquiète-t-elle?

INicolas Hourcade, sociologue à l'Ecole Centrale de Lyon, spécialiste des supporters et collaborateur régulier au magazine So Foot, participe à la discussion./I

Intervention Le 29 mai 2008 à 21:15

Bonsoir,
Je suis le sociologue français qui intervient dans le reportage (dont j?ai vu une version presque finale cet après-midi).
Avant de revenir sur l?Euro (j?y répondrai ensuite), il est nécessaire de clarifier certains termes, en particulier « ultras » et « hooligans ». Dans le sens commun, le hooliganisme désigne l?ensemble des violences autour des rencontres sportives. Et les hooligans sont perçus comme tous les supporters violents.
Mais quand on étudie les violences des supporters de plus près, on constate qu?elles sont de nature et de gravité diverses. Et qu?il existe différents types de supporters ayant recours à la violence. Le reportage montre bien que certains se revendiquent ultras tandis que d?autres se présentent comme hooligans et qu?ils cherchent à se distinguer les uns des autres.
Par conséquent, quand on parle de hooligans, on ne sait jamais bien si on parle de tous les supporters violents (selon le sens courant) ou seulement de certains d?entre eux (en distinguant notamment ultras et hooligans).
Pour éviter ces confusions, je préfère, comme de nombreux sociologues, ne pas parler DU hooliganisme mais plutôt DES violences et DES supporters violents. Parmi ces supporters violents, il y a des ultras et des hooligans. En suivant ce mode de raisonnement, le qualificatif de hooligans est réservé à ceux qui recherchent avant tout la violence. J'utiliserai ces distinctions sur ce forum.
Quelles sont les grandes différences entre ultras et hooligans ? Les hooligans forment des bandes informelles centrées sur la violence. Les ultras constituent eux des associations structurées, qui s?engagent dans la vie de leur club tout en acceptant la violence, pour « se faire respecter » selon leurs propres termes. La violence est l?élément essentiel de la pratique des hooligans, alors qu?elle est secondaire chez les ultras dont l?objectif premier est de soutenir leur équipe.

Intervention Le 16 juin 2008 à 11:19

Bonjour à tous!

L'idée de faire un reportage sur les "Ultras" était une bonne idée. Seulement je regrette que la majorité du reportage se soit concentré sur la violence (qu'on ne peut certes tolérer) mais qui ne reflete pas la majorité des "ultras". Vous avez discuté avec des membres du groupe "Kreis 4" (réputés pour être violents) mais vous vous êtes arrêté à ce seul groupe de supporters!! Et les "ultras" romands? De toute façon si les supporters d'une équipe se comporte bien pendant 10 ans, et qu'il y a une fois un incident, les gens ne retiennent que cet incident. De plus vous avez parlé des hooligans. Soit disant, les anglais aurait dû débarquer en masse pour affronter les tifosi ou autres... Il n'en était rien... Cette peur que les médias cultivent est vraiment déplorable! Il ne faut pas s'étonner si les gens des grandes villes n'osent pas sortir, nos géraniums sont rentrés, nos voitures aussi...

Par contre ce reportage a au moins le mérite de montrer la différence entre un ultra et un hooligan.

Intervention Le 4 juin 2008 à 12:24

bonjour a tous moi je croit que les véritable responsable sont les médias et certain dirigeant de club ou sélectionneurs comme par exemple raymond domenech qui de part ces déclaration attise la haine voir du racisme contre toute un peuple italien et vis versa ces ce genre de personne qu il faudrait radier
du foot .
concernant les extra je suis pour il mette de l ambiance comme personne et sans eux le foot ne serait rien faite le teste enlever le son a votre tv et regarder le match juste une chose a dire aux ultra peace and love et continuer a emflamer les stades positivement.

bye et bonne euro !!!!!!!!!!!!!!!

Intervention Le 3 juin 2008 à 21:32

Chimneyrock2010, je n?ai pas l?impression de dire des choses très différentes de vous. Mon dernier post est complémentaire des précédents (je vous accorde que, vue leur longueur, il n?est pas facile de tout lire). Puisque je me suis mal fait comprendre, je vais essayer de résumer les grandes idées :
- Comme de nombreux autres chercheurs, je réserve le qualificatif de hooligans à des bandes informelles spécialisées dans la violence, les fameuses « firms ». Les groupes ultras sont eux des associations structurées, centrées sur le soutien à l?équipe et parfois violentes. En ce sens, les ultras ne sont pas des firms de hooligans.
- En revanche, les hooligans ne sont pas les seuls supporters violents (voir mon premier post). D?autres supporters, dont les ultras, le sont. Dans leur grande majorité, les ultras considèrent que la violence fait partie de leur monde (il suffit de voir le tollé suscité dans le microcosme ultra par la banderole « non à la violence » sortie il y a quelques temps par un grand groupe français?).
MAIS, contrairement aux hooligans, la violence n?est pas centrale chez les ultras. C?est pour ça que j?estime que, pour rendre compte de ce qu?est le mouvement ultra ? y compris pour comprendre la place qu?y occupe la violence ?, il faut prendre les pratiques dans leur ensemble et analyser ainsi les différentes facettes de ce mouvement, ce qui conduit à constater que le soutien à l?équipe y est fondamental et que la violence y est, globalement, limitée.
De plus, tous les groupes ultras n?ont pas la même position quant à la violence (et un même groupe peut changer de position avec le temps). Certains ne la recherchent pas du tout et n?y sont quasiment jamais confrontés. D?autres y ont fréquemment recours pour s?affirmer. Il est important de préciser que cette violence concerne alors seulement le noyau des membres les plus actifs. Les simples membres d?une association ultra ne sont pas impliqués.
- Par conséquent, étudier les ultras en se focalisant sur la violence donne une image tronquée de leurs pratiques. Mais inversement, nier la violence des ultras conduit également à donner une image tronquée de ce monde.
- Concernant la relation aux médias, je comprends votre point de vue. Il est vrai que les médias font souvent des amalgames. Je faisais juste remarquer que l?attitude même de certains ultras par rapport aux médias peut renforcer les stéréotypes. Inversement, certains groupes ultras français ont pu, par leur attitude et leur communication, améliorer nettement leur image. D?autant que de plus en plus de journalistes (notamment en France où les incidents sont limités) sont sensibles à cette distinction entre ultras et hooligans et insistent sur l?ambiance mise par les ultras.

Intervention Le 3 juin 2008 à 20:28

@Nicolas-Hourcade
- Distinguer les ultras des hooligans ne signifie pas qu?il existe deux catégories séparées et que tout individu ou groupe se classe forcément dans l?une de ces deux catégories (...) Pour le dire autrement, dans l?espace du supportérisme, il y a plusieurs pôles, dont le pôle ultra et le pôle hooligan. (...)


Sans avoir la prétention d'être plus doué que les sociologues, je voudrais à mon tour éclaircir ce propos.

Je suis tout à fait d'accord lorsque vous parlez de pôles ultra et hooligan et que beaucoup des 'ultras' peuvent, selon les évènement, se situer quelque part entre les deux. En revanche, la catégorie 'Ultra' est [B]par définition[/B] séparée de la catégorie 'Hooligan'.

Je tiens à préciser qu'il existe des groupes ultras (de mon expérience et opinion personnelle, plus nombreux que ce que vous suggérez) qui sont uniquement des ultras et non pas des hooligans. Mon groupe ultra rejette systématiquement les personnes qui viennent avec l?idée de créer une firme hooligan parallèle à nous. C'est vrai, certains de nos membres sont plus prompts à se chauffer que d?autres, néanmoins nous ne permettons la violence qu?en cas de légitime défense. Les contrevenants sont recadrés immédiatement.

Oui, la violence existe dans le mouvement ultra, mais elle est loin d'être systématique et pour beaucoup, elle n'est aucunement recherchée.

Si la vaste majorité des matchs de L1 et de Super League se déroulent sans accrochage notable, alors que tous les clubs ont des groupes ultras (responsables à eux seuls des animations et des chants), c?est bien que le but premier, et souvent unique, des groupes ultras est de supporter leurs clubs.

Les groupes à problèmes en France, on les connaît et honnêtement, ils se comptent sur les doigts de la main.

Une personne du grand public qui lit votre post fera l?amalgame ultras = violence. S?il est vrai que certains des grands groupes ultras sont pleins de hooligans, ce n?est pas le cas de tous les groupes.

Vous parlez de communication et d?image publique ; notre groupe a créé cette année un pôle communication afin d?expliquer qui nous sommes réellement auprès des autres supporters de notre club. Cela marche plutôt bien, mais nos efforts sont souvent sapés par la mauvaise image que se plaît à nous donner les médias. Avec nos petits moyens, nous ne pouvons évidemment pas toucher autant de gens que la TSR ou France Télévision.

Cela fait des années que je fais tout mon possible pour que mon stade vibre, pour que nous soyons nombreux dans le kop à chanter et pousser notre équipe durant 90 minutes. Comment suis-je supposé convaincre les gens de ma tribune (supporters ou parents de petits supporters) de nous rejoindre si les médias nous collent constamment une image, entièrement fausse pour nous, de violents et de hooligans ?

Intervention Le 3 juin 2008 à 18:44

Le long et intéressant message de chimneyrock2010 me donne envie de rebondir sur certains aspects en précisant des points précédents de la discussion.
- Distinguer les ultras des hooligans ne signifie pas qu?il existe deux catégories séparées et que tout individu ou groupe se classe forcément dans l?une de ces deux catégories (ou dans aucune des deux). Quand nous faisons, en tant que sociologues, cette distinction, nous ne cherchons pas à mettre des gens dans des cases (ce qui supposerait qu?il existe des frontières nettes entre elles) mais à rendre intelligibles divers styles de pratiques. Pour le dire autrement, dans l?espace du supportérisme, il y a plusieurs pôles, dont le pôle ultra et le pôle hooligan. Chaque supporter est plus ou moins proche d?un ou plusieurs pôles.
Ces considérations générales ont plusieurs conséquences.
- Les frontières entre ultras et hooligans ne sont pas claires et nettes. Ils ont certaines pratiques et valeurs communes. Parfois ultras et hooligans se battent ensemble. C?est-à-dire d?une part que des ultras peuvent se battre avec des hooligans d?un club adverse (voire de leur club). D?autre part que des ultras et hooligans d?un même club peuvent s?allier contre un adversaire commun. De plus, certains individus passent dans leur parcours de supporters d?un type de groupe à un autre : ils se définissent à certaines périodes de leur vie plutôt comme ultras, à d?autres plutôt comme hooligans. Certains groupes se présentent comme mêlant les apports du modèle ultra et du modèle hooligan. Etc. En résumé, ce ne sont pas deux mondes complètement étanches.
- Si les frontières ne sont pas nettes, il existe des différences significatives entre ultras et hooligans, comme je l?ai déjà abondamment noté. Je voudrais souligner ici que, contrairement à ce que beaucoup pensent, la différence n?est pas seulement que les ultras sont moins violents que les hooligans. La différence est plus fondamentale. D?un côté, les hooligans forment des bandes informelles cultivant le secret et centrées sur la violence. De l?autre, les ultras constituent des associations structurées, soutenant leur club, s?investissant dans le monde du football et acceptant, dans le cadre de leur compétition entre ultras, la violence. Le mode d?organisation, le rapport au football, la perception de leur rôle de supporters et la conception de la violence ne sont pas les mêmes ? même s?il y a quelques points communs.
- La violence fait donc partie intégrante du monde ultra. Quasiment aucun groupe ne la rejette. Mais ensuite, il existe des différences significatives entre ultras sur ce sujet. Certains sont très portés sur la violence, d?autres beaucoup moins. Auprès de nombreux groupes ultras français, j?ai pu constater que la régulation interne de la violence, dont parle chimneyrock2010, fonctionnait bien. De manière plus large, chimneyrock2010 note, à juste titre, que les ultras ne sont pas tous pareils. En effet, s?ils s?accordent sur certains grands principes, ils les interprètent de manières différentes, d?où une forte diversité interne au monde ultra (pas seulement sur la violence).
- Chimneyrock2010 reproche aux auteurs du documentaire d?avoir interrogé les pires des pires, des individus qui seraient peu représentatifs du monde ultra. Cet avis est à nuancer. Plusieurs groupes ont été interrogés dont le meneur des ultras de Bergame, très respectés dans le milieu ultra. De plus, comme d?autres internautes avant lui, chimneyrock2010 regrette que d?autres aspects que la violence n?aient pas été montrés dans le documentaire. C?est effectivement dommage. Mais les auteurs du documentaire ont essuyé des refus de la part de certains groupes ultras suisses. Par conséquent, les auteurs estiment que, s?ils avaient eu l?accord de ces groupes, ils auraient pu montrer d?autres visages et d?autres aspects du monde ultra.
En fait, on est face à un cercle vicieux. Les journalistes, de manière générale, sont plutôt incités à mettre l?accent sur les aspects sulfureux du supportérisme. Les ultras pensent que les médias leur sont hostiles et ne s?intéressent qu?à la violence : donc ils refusent de leur parler ou ils témoignent encagoulés ou ils n?acceptent de ne parler que des sujets consensuels (j?ai en tête un documentaire sur un groupe ultra français qui s?est transformé en publi-reportage). Et, quand les ultras acceptent d?ouvrir complètement leurs portes, ils retiennent surtout les mauvaises expériences, celles où ils ont ensuite eu le sentiment de s?être fait piéger (j?ai en tête un reportage français où ce sentiment n?était pas illégitime) ce qui renforce leur méfiance. Pour qu?un reportage présente de manière objective le monde ultra, il faut donc que les deux parties jouent le jeu. Sur ce forum, beaucoup d?ultras sont intervenus pour dire que les médias devraient dresser un portrait plus juste d?eux. Mais dans cette perspective, les ultras doivent aussi réfléchir à leurs discours publics et à leurs relations avec les médias. La balle est aussi dans leur camp.
- Pour finir, je crains, au vu des performances européennes limitées du club varois, que Chimneyrock2010 ne soit pas toulonnais.

Intervention Le 2 juin 2008 à 12:45

@nessuno
Bravo chimneyrock2010,tu as tout résumé parfaitement.

Aufaite,ton club c'est Toulon ou je me trompe ?


Merci Nessuno. Je parle ici en mon nom et non celui de mon groupe, c'est pourquoi j'ai préféré ne pas révéler son nom.

Intervention Le 2 juin 2008 à 12:09

Bravo chimneyrock2010,tu as tout résumé parfaitement.

Aufaite,ton club c'est Toulon ou je me trompe ?

Intervention Le 2 juin 2008 à 2:09

@Nicolas-Hourcade
- J?ai posé la même question que Sandr75 à certains ultras. Pourquoi ne pas mettre de côté la violence et se concentrer sur le soutien au club (soutien qui peut aussi être parfois critique), sur la critique de certaines évolutions du football et la promotion d?une culture festive du supportérisme? ? La réponse a souvent été la même. Sans violence, les ultras perdraient toute radicalité, tout esprit critique, toute capacité à se faire respecter. En substance, les ultras interrogés disaient qu?ils pouvaient limiter la violence mais pas la rejeter. Il me semble pourtant qu?on peut faire preuve d?esprit critique et qu?on peut être respecté sans faire usage de la violence. C?est pourquoi, dans mes messages d?hier soir, je regrettais que certains ultras n?osent pas remettre en question la dimension violente de leur expérience.


Bonsoir, je suis depuis de nombreuses années un Ultra d?un club du sud de la France et résidant depuis peu à Zürich. J'aimerai apporter un point de vu ultra sur tout ce qui a été dit.
Tout d?abord, j?aimerai préciser qu?un ultra n?est pas un hooligan et que les hooligans qui se réclament du mouvement ultra ne font que nous pourrir la vie.

POUR LE GRAND PUBLIC
Vous n?avez absolument pas d?inquiétude à avoir en ce qui concerne votre sécurité personnelle au stade lors de l?Euro. Les places de stades ayant été très limitées et plutôt chères, on ne peut pas imaginer que des groupes de hooligans aient pu obtenir des billets en nombre suffisant pour pouvoir s?afficher en tant que groupe, ni même perturber les matchs sans être interceptés avant même de commettre la moindre incartade.
Le simple mot hooligan fait peur, mais vous n?en verrez pas à l?intérieur du stade.
Les hooligans cherchent à se mesurer aux hooligans des clubs adverses. Le hooliganisme, c?est une question d?alcool, de gloire pour son groupe et d?adrénaline avant un combat. Si des groupes de hooligans décident de s?affronter durant l?Euro, ce sera dans des endroits isolés (en forêt, sur une aire d?autoroute peu fréquentée, etc.). En tous cas, loin des forces de l?ordre.
Evidemment, il n?y a aucune gloire à s?attaquer à un spectateur ou supporter ?normal? et en aucun cas ne serait-il accepté, par les groupes hooligans eux-mêmes, que quiconque n?ose embêter un enfant.
Enfin, la façon la plus évidente de ne pas être pris à parti dans un stade de foot, c?est de ne pas faire des doigts d?honneurs ou d?insulter d?autres personnes. Ca semble bête à dire, pourtant des gens aucunement affiliés à des groupes ultras se laissent souvent aller à ce genre de provocations.

QUI SONT LES VERITABLES ULTRAS ?
J?aimerai féliciter l?équipe de ?Temps Présent? pour la qualité de ses documentaires en règle générale et pour avoir tenté de rester neutre sur la question des ultras. Malheureusement, votre documentaire ne dépeint pas la réalité du mouvement ultra. C?est pour cela que les ultras ont tendance à se méfier de caméras toujours à l?affût d?une insulte ou d?une bagarre ; images ensuite utilisées par la Police pour une répression que nous jugeons abusive.
Je m?explique.
Qui avez-vous interviewés ? Les pires des pires ! La fameuse Kreis 4 du FCZ et les véritables fascistes de la Lazio Roma ! Evidemment, l?on comprend que vous alliez là où c?est le plus chaud pour tenter de comprendre. Ces ultras vous ont répondus selon la vision de leur groupe, mais ne peuvent en aucun cas être considérés comme représentatifs du mouvement ultra en règle générale. C?est comme d?aller interviewé l?armée serbe du temps de Milosevic pour comprendre ce qu?est le service militaire européen ! Et je pèse mes mots ; tous les groupes ultras ne sont pas pareils.
Je prends l?exemple de mon groupe, supporter d?un des clubs les plus titrés de France et jouant régulièrement en Europe. Nous sommes près de 300 supporters ultras, âgés de 15 à 35 ans, en moyenne. Notre passion commune est notre club de foot, sa tribune, la fierté de notre ville et de nos couleurs. Nous faisons d?immenses sacrifices pour suivre notre club partout où il joue et pousser nos joueurs vers la victoire. Nous sommes les seuls à mettre de l?ambiance dans notre stade, à débuter les chants et à galvaniser notre tribune. Nous organisons des tifos (ou choréos) pour que notre tribune soit belle et festive. Nous sommes indépendants de tout pouvoir extérieur.
Pourquoi indépendants ? Car si nous supportons notre club de toute notre énergie, nous devons être en mesure également de critiquer, le cas échéant, les personnes qui nuisent au club. Par exemple, si nous jugeons que le président du club fait un travail exécrable et dangereux pour l?avenir, nous devons être capables de mener des actions (banderoles, chants, tracts) pour que les choses changent. Impossible de critiquer les instances supérieures du club si nous acceptons des aides financières de leur part.
Les deux paragraphes ci-dessus résument la base commune à tous les ultras.
A cela s?ajoute une vérité exprimée dans le sujet de Temps Présent : Si l?un des membres d?un groupe ultra est attaqué, qu?il ait raison ou tort, la solidarité est immédiate et tous les autres membres de son groupe iront le défendre, comme si c?était un membre de notre famille. Ainsi, même un groupe avec une mentalité 100% non-violente comme le nôtre a pu se retrouver dans des bagarres, simplement parce que nous avons été attaqués par un autre groupe. J?ai 26 ans. Si je vois qu?un gamin de 15 ans appartenant à mon groupe est en passe de se faire frapper par un adulte baraqué, c?est évident que je n?attendrai pas qu?il se soit fait démolir pour intervenir.
Aussi, nous sommes assez d?anciens pour former les jeunes arrivants dans notre groupe et assoiffés d?action, d?émotions et d?existence. Nous leur faisons comprendre notre mentalité anti-violente, anti-raciste, etc. C?est facile de former un ado qui veut intégrer son groupe : dés qu?il fait quelque chose qui n?est pas convenable, on lui parle seul à seul et on lui explique que cela ne fait pas partie de la mentalité de notre groupe. C?est suffisant.
Le problème est qu?il suffit qu?une seule personne avec une écharpe d?un groupe A aille insulter ou attaquer un groupe B, pour créer instantanément un précédent et une nouvelle rivalité avec un potentiel de violence. Lorsque vous avez un groupe de 300 personnes, c?est relativement facile de contenir tout le monde, mais ça l?est beaucoup moins pour un groupe de 2000 ou 3000 personnes où l?on trouve des sous-groupes avec des agendas particuliers.
Ainsi, certains groupes ultra (une minorité) se sont laissés aller à de l?extrémisme politique ou ont été trop ouverts à des personnes à tendance hooligan. Ceci est un grave problème.
Malheureusement, beaucoup de dirigeants de groupes ultras ne savent pas (parfois ne veulent pas) exclure les personnes de leur groupe qui entrent dans des mentalités violentes et donc hooligans.
Enfin, il faut savoir qu?une IDS (Interdiction de Stade) ne représente rien pour un hooligan qui de toutes façons n?est intéressé que par les combats périphériques au foot, alors que c?est une petite mort pour un véritable ultra qui est un passionné.

DES FORCES DE L?ORDRE MAL FORMES
Si les forces de l?ordre prenaient tout ceci en considération, ils auraient une bien meilleure capacité à encadrer les vrais ultras et à stopper le hooliganisme.
Malheureusement, lorsque nous alertons la police sur un risque potentiel, par exemple le fait que des membres de groupes adverses se sont infiltrés dans notre tribune, ils se contentent de dire :
« Nous n?allons pas embêter des gens qui n?ont encore rien faits ; Mais si jamais ça part, nous procéderons à des arrestations. »
Evidemment, ça ne manque pas. Si le match est un peu chaud, il y aura toujours un gars qui a trop bu pour échanger des insultes avec les supporters adverses et le risque de violence est immédiat.
L?on voit souvent des jeunes policiers, échauffés car humains eux aussi, qui ne savent pas réagir calmement à des situations sans risque. Par exemple, s?ils doivent intervenir pour l?utilisation festive d?un fumigène, ils peuvent le faire sans utiliser leurs matraques, casser des bras ou traîner des filles au sol par les cheveux.
Il faut savoir que si nous n?aimons pas la Police des stades, le sentiment est parfaitement réciproque et les coups de matraques de la Police partent extrêmement vites, trop souvent sur des adolescents ou des filles.
Pour les anciens comme moi qui tentent de contenir l?exubérance de notre tribune et qui savons repérer les situations à risques de par notre expérience, nous ne trouvons pas de coopération auprès de la Police, uniquement de la répression à notre encontre. On croirait parfois qu?ils s?amusent à jeter de l?huile sur le feu.

En conclusion, ne vous trompez pas d?ennemis. Les véritables ultras ne cherchent pas à se battre ; ce sont simplement ceux qui animent vos tribunes et gardent le football festif et populaire. Les hooligans et les ?ultras? devenus hooligans (dits casuals) viendront rarement chanter en tribune ou aider à organiser des tifos pour le club ; ce sont des adeptes de la violence qui viennent au stade avant tout dans l?espérance d?une confrontation violente avec les groupes des clubs adverses.

Intervention Le 30 mai 2008 à 12:45

Il y a aussi le fait que certains groupes se déplacent en train comme la majorité des suisses-allemand.

1000-1500 personnes qui font un cortège dans la ville est beaucoup plus dur a cannalisé que 8 ou 10 cars arrivant devant le stade. C'est souvent entre la gare et le stade que les incidents se produisent. Mais n'éxagérons pas non plus,les incidents arrive peu fréquemment. Ayant fait plusieurs déplacement et tous les matchs a domicile je n'ai jamais vu un seul incident se produire.

Les seules que j'ai pu observer c'est au derby "Torino-Juve",mais dans les derbys c'est beaucoup plus compréhensibles,5 ans qu'il n'y en avait plus eu de derbys,la haine et la rivalité est tellement énorme entre les 2 clubs (comme dans tous les derbys.)

Le problèmes des médias sont qu'ils ne connaissent pas très bien le sujet. Il ne s'intéresse aux pourquoi du comment. Ils vont seulement parler d'une bagarre entre 2 équipes rivales mais pas de l'amitié entre 2 "tifoserie". Les médias font beaucoup trop de désinformations.

Ce forum est en lecture seule, vous ne pouvez plus intervenir.