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La galère des emplois précaires - 1er mai 2008

30 avril 2008 à 10:15

Les emplois précaires sont-ils la conséquence inéluctable de la flexibilisation? Comment encadrer celle-ci et limiter son coût social?

IHubert Péquignot, directeur de Caritas Neuchâtel, participe à la discussion./I

Intervention Le 15 mai 2008 à 1:42

Je suis actionnaire majoritaire d'une importante multinationale, elle même actionnaire dans des caisses de pension, des caisses de maladies, et bien sûr des entreprises de travail temporaires (mon épouse dirige d'ailleurs l'une d'entre elles).
Je souhaite défendre activement la précarité, dans la mesure ou elle n'implique pas seulement la flexibilité, mais aussi d'énormes économies en terme d'avantages sociaux d'une autre époque:
- un précaire a de grandes franchises sur ses assurances maladies pour en diminuer les coûts, et ce faisant ne se fait plus soigner. De même, il ne coûe rien en remboursements de soins dentaires. En cas de non paiment (fréquent) des primes, l'OCC les compense automatiquement aux caisses maladies, ce qui permet de transférer les risques d'impayés sur le secteur public.
- un précaire est forcément soumis un stress intense et régulier, qui, cumulé aux manques de soins précités, provoquera son décès entre 3 et 8 ans plus tôt que l'espèrance moyenne de vie suisse. Je vous laisse calculer les économies réalisées par les caisses de retraite et autres fonds de pensions sur 300.000 décès anticipés! Si vous intégrez les paramètres "pénibilité des travaux" et "alcoolisme et tabagisme liés au stress", l'économie peut porter sur 10 à 15 ans de vie improductive, pouvant même faire économiser au système plusieurs mois d'allocations de chômage et/ou d'aide sociales, profitant pour le coup autant aux finances publiques qu'aux finances privées.
- un précaire est un atout pour l'écologie: ni voyages, ni voitures en font un écologiste de fait, permettant à des gens normaux de continuer à soutenir les marchés automobiles, pétroliers et touristiques (dont le fond de pension de mon entreprise est largement actionnaire).
- un précaire peut être actif 10 ans dans la même entreprise sans toucher la moindre augmentation liée à l'ancienneté, par exemple. De même, il peut être payé 2 fois moins en interim que sous contrat soumis aux conventions collectives, ne touchera aucun des avantages liés à l'entreprise (chèques REKA ou actions gratuites par exemple...)
- un précaire étant toujours aux abois financièrement parlant, il ne pourra prendre ses vacances que si celà arrange l'entreprise, pour peu qu'il en ait les moyens...
- un précaire étant toujours à l'essai, ne sera d'office jamais "à l'assurance", sachant très bien que celà entrainerait une "fin de mission" instantanée. Il sera toujours docile et soumis, ne se risquant jamais à se syndiquer, par exemple...
- un précaire est aussi une aubaine pour le marché immobilier: s'entassant parfois à plusieurs dans une seule pièce, ils laissent autant d'opportunités au marché immobilier (dont le fond de pension de la banque dont mon entreprise est actionnaire détient une importante partie du parc) de se mettre en affaires avec les multimilliardaires du monde entier. Il permet du même coup de louer les appartements insalubres refusés par la Faréas, du moins dans l'attente de leur démolition.

Bref, c'est la précarité qui permettra aux swiss index de perreniser dans le monde entier le savoir-faire financier et économique de notre beau pays, et de rétribuer à leur juste mérite tous mes amis tops managers et actionnaires, rendant enfin le monde du travail un peu plus moral.

Ce que je n'arrive pas à m'expliquer (et mes amis du Country-Club non plus), c'est que la totalité des emplois ne soient pas encore des emplois précaires, intérimaires ou temporaires, et que tant d'entreprises et administrations continuent à jeter l'argent des actionnaires par les fenêtres impunément. Nous travaillons à une loi rendant oligatoire la précarité pour la totalité des emplois en Suisse, et j'ai à cet effet fait un stock impressionant d'actions Adecco et Manpower, bien que M. Lavanchy, avec qui je jouais au golf encore hier, se fasse tirer l'oreille pour me céder ses parts.

Parallèlement, je tiens à vous rassurer, nous allons prendre des mesures sociales pour mettre à la disposition de tous ces "précaires" (en Inde, on dit "intouchables") des logement qu'ils puissent ne louer que pendant les périodes ou ils travaillent, à la journée ou à la semaine, voir à la demi-journée pour les précaires à mi-temps.
Mon épouse, membre bienfaitrice de "terre des hommes", a même soulevé l'idée de construire sur l'ensemble du pays une centaine de nouveaux centres d'accueils dotés de 3000 cabines-lits à jetons chacun (à l'image des toilettes dans les gares). Un précaire ayant travaillé 12 heures d'affilée n'aurait de ce fait besoin que de 12 heures de cabine-lit par jour, les jetons valables 1 heure lui étant directement versés pour partie du salaire à hauteur d'1 jeton par heure de travail. Bref, ce n'est qu'un projet humanitaire de plus, mon épouse a un coeur en or, ce qui finira par la perdre.

J'espère de nombreuses réactions de soutien de votre part, afin de pouvoir préparer toutes ces lois que je prévois de mettre au référendum (ne vous inquiétez pas: le précaire, "dégouté par le système", ne se déplace jamais pour voter, ce qui fait qu'avec un peu de mauvais temps et une bonne concertation, nous remporterons notre référendum avec 54% des votes environ (nous le programmerons pendant la prochaine coupe du monde de football et en plein hiver). Il est de plus prévu qu'avec les baux à loyers précaires, un précaire ne puisse juridiquement plus être inscrit sur les liste électorales, n'ayant plus d'adresse fixe ou recevoir le matériel de vote...

Courage. Le bon sens et la justice sont en marche !

Intervention Le 15 mai 2008 à 1:35

Je suis actionnaire majoritaire d'une importante multinationale, elle même actionnaire dans des caisses de pension, des caisses de maladies, et bien sûr des entreprises de travail temporaires (mon épouse dirige d'ailleurs l'une d'entre elles).
Je souhaite défendre activement la précarité, dans la mesure ou elle n'implique pas seulement la flexibilité, mais aussi d'énormes économies en terme d'avantages sociaux d'une autre époque:
- un précaire a de grandes franchises sur ses assurances maladies pour en diminuer les coûts, et ce faisant ne se fait plus soigner. De même, il ne coûte rien en remboursements de soins dentaires. En cas de non paiment (fréquent) des primes, l'OCC les compense automatiquement aux caisses maladies, ce qui permet de transférer les risques d'impayés sur le secteur public.
- un précaire est forcément soumis à un stress intense et régulier, qui, cumulé aux manques de soins précités, provoquera son décès entre 3 et 8 ans plus tôt que l'espèrance moyenne de vie suisse. Je vous laisse calculer les économies réalisées par les caisses de retraite et autres fonds de pensions sur 300.000 décès anticipés! Si vous intégrez les paramètres "pénibilité des travaux" et "alcoolisme et tabagisme liés au stress", l'économie peut porter sur 10 à 15 ans de vie improductive, pouvant même faire économiser au système plusieurs mois d'allocations de chômage et/ou d'aide sociales, profitant pour le coup autant aux finances publiques qu'aux finances privées.
- un précaire est un atout pour l'écologie: ni voyages, ni voitures en font un écologiste de fait, permettant à des gens normaux comme vous et moi de continuer à soutenir les marchés automobiles, pétroliers et touristiques (dont le fond de pension de mon entreprise est largement actionnaire).
- un précaire peut être actif 10 ans dans la même entreprise sans toucher la moindre augmentation liée à l'ancienneté, par exemple. De même, il peut être payé 2 fois moins en interim que sous contrat soumis aux conventions collectives, ne touchera aucun des avantages liés à l'entreprise (chèques REKA ou actions gratuites par exemple...)
- un précaire étant toujours aux abois financièrement parlant, il ne pourra prendre ses vacances que si celà arrange l'entreprise, pour peu qu'il en ait les moyens...
- un précaire étant toujours à l'essai, ne sera d'office jamais "à l'assurance", sachant très bien que celà entrainerait une "fin de mission" instantanée. Il sera toujours docile et soumis, ne se risquant jamais à se syndiquer, par exemple...
- un précaire est aussi une aubaine pour le marché immobilier: s'entassant parfois à plusieurs dans une seule pièce, ils laissent autant d'opportunités au marché immobilier (dont le fond de pension de la banque dont mon entreprise est actionnaire détient une importante partie du parc) de se mettre en affaires avec les multimilliardaires du monde entier. Il permet du même coup de louer les appartements insalubres refusés par la Faréas, du moins dans l'attente de leur démolition.

Bref, c'est la précarité qui permettra aux swiss index de perreniser dans le monde entier le savoir-faire financier et économique de notre beau pays, et de rétribuer à leur juste mérite tous mes amis tops managers et actionnaires, rendant enfin le monde du travail un peu plus moral.

Ce que je n'arrive pas à m'expliquer (et mes amis du Country-Club non plus), c'est que la totalité des emplois ne soient pas encore des emplois précaires, intérimaires ou temporaires, et que tant d'entreprises et administrations continuent à jeter l'argent des actionnaires et des contribuables par les fenêtres impunément (un précaire ne pouvant bien entendu même pas être considéré comme un contribuable, n'étant pas -encore- imposable). Nous travaillons à une loi rendant obligatoire la précarité pour la totalité des emplois en Suisse, et j'ai à cet effet fait un stock impressionant d'actions Adecco et Manpower, bien que M. Lavanchy, avec qui je jouais au golf encore hier, se fasse tirer l'oreille pour me céder ses parts.

Parallèlement, je tiens à vous rassurer, nous allons prendre des mesures sociales pour mettre à la disposition de tous ces "précaires" (en Inde, on dit "intouchables") des logement qu'ils puissent ne louer que pendant les périodes ou ils travaillent, à la journée ou à la semaine, voir à la demi-journée pour les précaires à mi-temps.
Mon épouse, membre bien-faitrice de "terre des hommes", a même soulevé l'idée de construire sur l'ensemble du pays une centaine de nouveaux centres d'accueils dotés de 3000 cabines-lits à jetons chacun (à l'image des toilettes dans les gares). Un précaire ayant travaillé 12 heures d'affilée n'aurait de ce fait besoin que de 12 heures de cabine-lit par jour, les jetons valables 1 heure lui étant directement versés pour partie du salaire à hauteur d'1 jeton par heure de travail. Bref, ce n'est qu'un projet humanitaire de plus, mon épouse a un coeur en or, ce qui finira par la perdre. Cependant, celà pourrait éviter de voir se developper des bidonvilles insalubres, squats et autres campings permanents illlicites.

J'espère de nombreuses réactions de soutien de votre part, afin de pouvoir préparer toutes ces lois que je prévois de mettre au référendum (ne vous inquiétez pas: le précaire, "dégouté par le système", ne se déplace jamais pour voter, ce qui fait qu'avec un peu de mauvais temps et une bonne concertation, nous remporterons notre référendum avec 54% des votes environ (nous le programmerons pendant la prochaine coupe du monde de football et en plein hiver). Il est de plus prévu qu'avec les baux à loyers précaires, un précaire ne puisse juridiquement plus être inscrit sur les liste électorales, n'ayant plus d'adresse fixe ou recevoir le matériel de vote...

Courage. Le bon sens et la justice sont en marche !

Intervention Le 10 mai 2008 à 17:56

Hubert Pequignot:

Désolé si je vous ai heurté, mais vous avez bien évoqué le fait que le systême social devait s'adapter au monde du travail. D'un autre coté vous voulez des garanties sociales valables. Il faudrait savoir. C'est le patronat et ses sbires qui s'attaquent au peux de lois sociales de ce pays, peu en comparaison avec nos voisins directs, en évoquant la libéralisation, la flexibilité et la mondialisation, termes et idées que ce même patronat a inventé pour nous fiche la trouille. C'est simplement du chantâge, donc d'après vous il faudrait se contenter du peu qu'on veuille nous laisser et cèder à ce chantâge? Ce pays est peut-être plus riche que tous les pays scandinaves, et ces derniers sont exemplaires dans ce domaine, donc avouez que le problême est ailleurs. Ne nous laissons pas intimider et il serait temps que les travailleurs suisses se rendent compte, qu'on leur ment éffrontemment depuis trop longtemps. En fait de niais on nous prend pour des couillons, et malheureusement force est de constater qu'on leur facilite la tâche.

Intervention Le 9 mai 2008 à 15:10

@witness
Quel doux rêveur que vous faites. Appliquer les principes que vous évoquez ( surtout adapter le social au monde du travail) ne fera qu'empirer ce systême déjà caricatural qu'est le social made in CH. C'est au marché du travail de s'adapter aux règles sociales, à l'économie d'être au service de l'homme et non l'inverse. Quand à la cohésion sociale de ce pays elle est inéxistante et le restera tant que nous, travailleurs, ne ferons pas preuve de solidarité. Je serais patron je vous filerait une médaille et une bonne tape dans le dos, en pensant au fond de moi même...quel sympathique niais celui là, tant qu'il y en aura des comme lui...tout est permis!


Il se trouve que depuis quelques années, les assurances sociales subissent un démantèlement évident et que celles-ci constituent un rampart, que vous le vouliez ou non, contre la pauvreté et la précarité. N'oubiez pas que la protection sociale est née suite à la Révolution industrielle, précisément pour protéger les travailleurs des conditions les plus abominables.
Dès lors, défendre une Loi sur l'assurance chômage digne de ce nom (par exemple) ne me semble pas relever de la niaiserie que vous évoquez.

Intervention Le 6 mai 2008 à 22:48

@oxis
Je pense que les syndicats devraient se regrouper mondialement,le problème n'est plus par pays.On arrivera à rien si l'on se cantonne par région,il y a trop de concurrence même pour les entreprises.
Les salaires de manager et certain sportif sont devenu indécent et les entreprises qui les sponsorises ne paient pas correctement leurs employés.


En voilà une excellente idée. Contre la mondialisation de l'économie, la mondialisation syndicale. Imaginez une boite qui délocalise dans un pays, et tous les pays boycottent ses produits. Ca fait rêver non? Une multinationale licencie quelque part, tous ses travailleurs dans tous les pays où elle est implantée se mettent en grève. En délocalisant certaines entreprises cherchent à éviter les conséquences des conflits sociaux qu'elles provoquent, face à un syndicat mondial elle ne pourraient plus exercer leur chantâge.

Intervention Le 6 mai 2008 à 22:39

@Hubert-Péquignot
En effet, je crois que l'Etat a un rôle de régulation indispensable dans le cadre des emplois précaires. Pendant des décennies, le fait d'avoir un travail salarié constituait en soit une sécurité. Depuis une quinzaine d'années, la précarité s'est installée avec son lot de drames humains.

Notre système de protection sociale devrait absolument s'adapter aux nouvelles "règles" du marché du travail, au risque de mettre à mal la cohésion sociale de notre pays.


Quel doux rêveur que vous faites. Appliquer les principes que vous évoquez ( surtout adapter le social au monde du travail) ne fera qu'empirer ce systême déjà caricatural qu'est le social made in CH. C'est au marché du travail de s'adapter aux règles sociales, à l'économie d'être au service de l'homme et non l'inverse. Quand à la cohésion sociale de ce pays elle est inéxistante et le restera tant que nous, travailleurs, ne ferons pas preuve de solidarité. Je serais patron je vous filerait une médaille et une bonne tape dans le dos, en pensant au fond de moi même...quel sympathique niais celui là, tant qu'il y en aura des comme lui...tout est permis!

Intervention Le 6 mai 2008 à 22:29

@Franchie
Mais pourquoi l'Etat ne fait rien? dans ma branche (sondages par téléphones) il n'y a aucun syndicat, aucune protection des employés, les entreprises font ce qu'elles veulent de nous! "Si t'es pas contente démissionne!" voilà ce qu'ils nous disent .

Mais dans mon cas, j'avais demandé plusieurs fois pourquoi les heures de travail n'étaient pas payées, et la troisième fois comme réponse ils m'ont dit que "c'était tout à fait normal, qu'on ne paie jamais les heures de travail!" et sur le contrat de travail il était inscrit qu'on était payés 23.- brut de l'heure, si ça ce n'est pas de l'abus, dites moi ce que c'est alors?
Résultat? je les traînes au tribunal des prud'hommes. et dire que certaines entreprises utilisent ces moyens pour faire leur argent!!


Je n'ai de loin pas la science infuse mais Chère Franchie vous semblez tomber des nues. Nous vivons dans l'un des états les plus anti-social de cette planète. L'état, il n'est pas là pour nous défendre mais pour aider les nantis, les grandes entreprises, les banques et ceci avec la complicité du peuple qui ne cesse de voter contre ses propres intérèts. D'abord votez-vous et pour qui? En Suisse tout le monde se plaint, mais ne cesse de défendre l'idée reçue, et, depuis bien longtemps illusoire, que, "Ma foi en Suisse on vit bien et on a de la chance", c'était peut être un peu vrai il y a 30 ans mais c'est finit. Personne ne fait grève car c'est interdit et contre la Paix du travail. La grève est un droit internationalement reconnu....sauf en Suisse, comme par hasard, et la Paix du Travail est depuis bien longtemps bafouée par les patrons. Nous sommes tous de gogos consentants et nous permettons même de critiquer nos voisins, qui eux se bougent. Alors cessons de nous plaindre, car nous avons le pays que nous méritons ou alors, retroussons nos manches, apprenons la solidarité et battons nous avec les armes dont nous disposons, notre opinion et nos bulletins de vote.

Intervention Le 6 mai 2008 à 19:13

J'ai passé six ans et demi à travailler dans des bonnes boîtes ou des boîtes de luxe au Canada et aux Etats-Unis. Il n'y avait là-bas aucune protection contre les licenciements, respectivement, tout employé(e) pouvait quitter son boulot du jour au lendemain. Par voie de conséquence, il n'existait aucune loyauté ni de la part des patrons, ni de la part des employé(es). Dans la plupart des Etats, on était contraint de faire partie du syndicat, sinon on n'obtenait aucun emploi. Les syndicats de l'hôtellerie étaient relativement honnêtes, les "Teamsters" avec Jimmy Hoffa étaient des gangsters.
On voit maintenant les résultats de cette politique: l'exportation des industries manufacturières, une classe ouvrière qui sombre dans la misère, une dicature fasciste qui se met peu à peu en place. Belles perspectives à la vérité....

Intervention Le 4 mai 2008 à 18:18

@pirrechar
L'égoïsme de chacun d'entre-nous est le frein à l'avancée vers une société plus juste - plus humaine - un jour ou l'autre nous devrons d'avantage partager ou disparaitre de cette planète.
PC

Bravo, enfin une réaction réaliste. Ce qui me frappe le plus et me choque c'est que partout, presse, radio, TV, on nous explique que ma foi la flexibilité, le libéralisme et la mondialisation C'EST INELUCTABLE. Et pourquoi donc s.v.p. ? Pourquoi devrions nous nous courber devant l'inacceptable, et l'accepter comme des toutous bien dressés? Qui a édicté cette règle si ce n'est le patronat et les nantis. Pourquoi les médias "voulant faire preuve de réalisme" contribuent à faire cette propagande, n'avons nous plus le choix, devons nous nous soumettre? Cette société est-elle si parfaite et aboutie que aucun changement radical n'est possible. Sommes nous voués à la damnation , la souffrance, la précarité, la pauvreté, l'injustice? Rien n'est inéluctable et inamovible, l'histoire nous l'a démontré, à nous de nous mobiliser, de faire preuve de réalisme et de solidarité. Mais sommes nous prèt à le faire ?

Intervention Le 3 mai 2008 à 21:18

Il y a trente ans en arriére, on comptait que le 75% des jeunes hommes et femmes qui avaient fait un apprentissage dans la restauration quittaient le métier pour s'engager dans la police, les PTT ou comme chauffeurs de bus. Le gaspillage de temps, de talent et de bonne volonté était - et demeure - invraisemblable dans la branche.
Cette politique de manque systématique d'organisation et de mauvais traitements ne produit en dernière analyse que des perdants. Les restaurateurs ne trouvent plus que très difficilement des gens formés et motivés, les jeunes perdent leur temps à un apprentissage qui ne sert à rien. La reprise d'un établissement public devrait être le couronnement d'une carrière pour un chef de cuisne ou un maître d'hotel, en fait plus de la moitié des établissement publics sont tenus par des gens étrangers à la branche, le résultat étant des faillites à la chaîne.
En son temps, alors que j'étais encore actif dans le métier, je me suis réellement engagé pour une meilleure formation des futurs patrons d'établissements. Une sérieuse prise en main des rapports humains et de l'organisation d'un établissement public. Une stricte observation de la clause du besoin limitant le nombre d'établissements par commune. Je me suis retrouvé rigoureusement seul, aucune organisation professionnelle ou instance cantonale n'a voulu me soutenir. Il y a trop de gens qui font leurs choux gras avec les cours de cafetiers...
Il y a en Suisse quelque 25.000 établissement publics, dont environ 40% devrait disparaître, de l'aveu même de la Fédération des Cafetiers à Zurich. Cette pléthore empêche le payement de salaires décents et le manque de formation de la plupart des patrons fait le reste.

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