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Tu seras champion mon fils ! - 16 avril 2008

16 avril 2008 à 11:25

Quelle place devraient occuper les parents dans la carrière de leur enfant sportif ?

IPierre Morath, auteur du reportage et ancien sportif d'élite, participe à la discussion./I

Intervention Le 30 avril 2008 à 17:47

Bonjour,

Merci pour la réalisation conséquente de ce reportage que je viens de visionner sur internet. J'ai été très réceptif et touché par le sujet traité, et se d'autant plus du fait que j'évolue à travers ma carrière sportive aux côtés de plusieurs protagonistes de votre reportage.
M. Morath vous avez su rester très fidèle aux personnages suivis (du moins pour ceux dont je peux juger) se qui n'est pas l'apanage de tous les journalistes, particulièrement dans le domaine du sport ou les faits sont souvent déformés pour être servis au public de manière plus attrayante.
J'ai été sensible aux remarques du Dr. Mahler et admiratif de la position et la lucidité des Lamons, exemple d'autant plus crédible que Sophie vient de se qualifier pour les JO de Pékin dans des circonstances exceptionnelles.
Le côté néfaste du surinvestissement du parent dans la carrière sportive de son enfant a été largement traité dans ce reportage et justifié à de nombreux égards. Mais de mon point de vue et en fonction de ma trajectoire personnelle, ce reportage m'invite à m'interroger sur l'existence éventuelle des biens faits de l'encadrement familial sur la progression du jeune sportif. C'est à ce titre que je souhaite intervenir sur ce forum.

J'aimerais revenir sur les arguments évoqués par "Verbier 6391" qui évoque l'absence d'un encadrement efficace, et le manque de tact (ou/et manque de professionnalisme devrais-je dire) répété des entraîneurs. Il est fréquent alors que les parents reprennent le flambeau, ou alors, si ceux-ci ne sont pas concrètement impliqués dans la carrière de leur enfant, que celui-ci, soit abandonne tout simplement, soit par force de caractère organise son propre microcosme pour travailler, et ce au mieux des possibilités qui lui sont offertes et de ses contacts, se qui fut mon cas il y a quelques années.
Il y a à l'évidence un manque d'engagement de l'Etat en Suisse dans le développement d'un sport uniforme et soudé, dans l'encouragement à la participation à un réel esprit d'équipe et d'une unité de la nation autour du sport (choses que je n'ai ressenties qu'occasionnellement lors des Universiades (JO universitaires) ainsi qu'à l'école de recrues où j'étais incorporé comme sportif d'élite et respecté pour cela, relevons ce côté positif de l'armée). Ce manque d'engagement fait des ravages dans le sport de compétition et cause la perte de nombreux sportifs suisses talentueux. De ce point de vue là nous avons ici des 10aines d'années de retard sur les pays qui nous entourent ainsi que les USA et de nombreux pays de l'EST. Il ne faut pas négliger l'apport considérable que peut avoir le sport dans l'épanouissement, le rassemblement et l'intégration sociale d'une jeunesse toujours plus hétéroclite.

Les causes principales en sont probablement;
premièrement la non acceptation par les suisses du sport de compétition comme un métier en soit, comme une possibilité réelle de s'accomplir, mais bien plutôt comme un hobby qui ne devrait être que le complément d'études conséquentes;
deuxièmement le fait que de nombreuses fédérations sportives en Suisse fonctionnent sur le principe du bénévolat, système presque toujours dépassé quand il s'agit d'encadrer concrètement de nouveaux sportifs d'élite potentiels. Dès lors l'encadrement familial étroit devrait à mon sens prendre toute son importance et sa raison d'être. Reste l'obstacle infranchissable de "l'émotionnel" invoqué à juste titre par l'entraîneur de Timea.

Sans minimiser les comportements parentaux décrits dans ce reportage, pour certains déplacés, pour d'autre absolument intolérables, il me semble quand-même intéressant de répondre enfin à la question de Gustavo N°21 quant à savoir si le manque d'encadrement familial pourrait être néfaste à l'évolution du jeune sportif. Ici je parle de ma trajectoire personnelle et il me semble qu'être jeté dans le vide et n'avoir de compte à rendre qu'a soit même, être auteur de son propre programme, n'est pas une bonne chose en soit. J'estime avoir perdu beaucoup de temps dans ma progression par le simple manque d'encadrement, qu'il soit familial ou autre (en se qui me concerne il ne pouvait être familial, mes parents n'étant pas spécialistes de mon sport). Un enfant construit la maison de sa vie avec les briques que ses parents lui donnent, un adulte avec ses propres outils. Mais ici c'est de l'adolescent dont on parle, et celui-ci utilise tantôt ses armes, tantôt celles qu'on lui propose, et ne pas pouvoir aller chercher si nécessaire le soutien et la lucidité des ses parents, qu'ils soient entraîneurs ou pas, ne lui sera pas profitable.

Gardons alors à l'esprit également l'apport considérable que peut constituer un encadrement parental sain et équilibré pour un sportif d'élite "potentiel", une attitude bien décrite par Mme Lamon qui consiste à entourer son enfant dans la conséquence qu'impliquent les ambitions de ce dernier, mais qui implique aussi la retenue, la capacité de remise en question du parent, mais surtout le respect du choix de l'enfant. Adéquation possible mais qui a ses limites comme nous l'a montré cet excellent reportage.

Merci encore!

Fenciniu

Intervention Le 19 avril 2008 à 15:32

@ericville
Félicitations pour le reportage qui illustre bien une des dérive du sport. Quel choc de voir qu'un journaliste spécialisé dans le monde du sport reconnait avoir été au courant des abus répétés infligés par un père à sa fille (mademoiselle LLado). Pas une once de gène de sa part bien au contraire, le journaliste nous apprend que cette pratique est monnaie courante dans le milieu... N'y a -t-il pas non assistance à personne en danger ? On peut également se demander si les résultats sportifs et ses retombées journalistiques sont plus importants que l'intégrité physique et moral de l'athlète pour certains ?


Oui c'est presque ce qui m'a choqué le plus dans ce reportage...

Intervention Le 18 avril 2008 à 16:13

Bonjour,

Tout d'abord ce fut un plaisir de regarder cette émission que j'ai trouvée très intéressante.

En ce qui me concerne je fais du ski de compétition depuis l'âge de 8 ans et aujourd'hui j'en ai 16. Jusqu'au début de l'été passé mes parents m'ont entraînée depuis que je suis toute petite, ils m'ont traçé des slaloms et j'en ai fait des heures dans les piquets seule avec mes parents (tout deux profs de ski) et ma petite soeur. J'ai fais d'excellents résultats dans mes années cadets et OJ... Je suis arrivée jusque là grace au soutien et à l'entraînement de mes parents. Beaucoup de gens croyaient que mes parents me forcaient à faire du ski, et qu'ils voulaient vivre avec moi ce que eux n'ont pas pu vivre étant plus jeunes... Mais c'était bien le contraire, mes parents m'ont toujours dit que si je n'aimais pas ce sport que je pouvais arrêter à tout moment, ce qu'ils voulaient c'était passer de bons moments en famille, nous transmettent tout leur savoir et qu'on se fasse plaisir.

Et puis de nouvelles structures sont arrivées, j'ai aussi passé dans une autre catégorie (junior) et on a pris la décision ensemble de se lancer dans cette structure... J'ai donc fais tous les camps d'entraînement avec cette structure dans une équipe. Mes parents ne se sont occupés de rien, ils me soutenaient toujours autant qu'avant mais ne venaient pas voir ce que je faisais. Nous étions beaucoup trop d'athlètes dans cette équipe pour pouvoir bien travailler. Puis vint la première course... Une catastrophe... En effet, j'ai fais une quarantaine de jours de ski l'été avec beaucoup de quantité mais très peu de qualité dû à l'incompétence des entraîneurs et aussi à leur non-remise en question sur leur travail. Et sans m'en rendre compte je régressais de plus en plus. Mes parents se sont vite rendu compte de cela mais il était difficile de s'entraîner de notre côté comme auparavant entre les courses car ils m'en empêchaient.

Je m'entendais bien avec les filles de l'équipe, mais les entraîneurs n'avaient aucune pédagogie... Tous les jours on entendait: "Vous me trouez le cul", "Vous me faites chier", on nous a dit qu'on skiait comme des merdes... Un jour ça va, je peux comprendre si vraiment, mais quand c'est tous les jours... A cette âge là, on est quand même vulnérable, je n'ose pas répondre à des entraîneurs ou leur manquer de respect, parce que j'ai reçu une certaine éducation à la maison...

Finalement, sous cette autorité imbécile j'ai décidé de quitter ce groupe me sentant de moins en moins bien sur les skis, physiquement mais surtout psychiquement, c'en était trop. Il fallait que je fuie ce qui n'était pas constructif pour moi.

Je n'ai plus refais de piquets, ni de course depuis le 1er février. Je dois aujourd'hui me reconstruire jour après jour toujours avec le soutien de mes parents. Grâce à eux j'ai pu vivre des moments intenses, goûter aux podiums et aux victoires. Et je sais que beaucoup n'arriveraient pas à s'entraîner avec leurs parents mais quand on s'entend très bien avec et que entre nous il y a beaucoup de dialogue on peut faire de grandes choses. J'ai vécu deux situations, celle de l'équipe et celle de la structure "familiale" et en ce qui me concerne je ne veux plus perdre du temps avec des gens qui ne vous transmette pas la notion de plaisir dans le sport et que tout le temps passé avec des imbéciles est du temps perdu.

J'ai toujours fais ce sport par plaisir de skier, par plaisir de gagner, par plaisir de courir dans les compétitions mais tout ça je l'ai perdu. J'en suis arrivée à un point où je ne savais même plus si un jour je referai ne serait-ce que des piquets. Mais si un jour je décidais de vivre à nouveau pleinement une belle expérience dans le ski avec une certaine liberté... me laissera-t-on???

Tout ça pour vous dire que nous avons essayé de faire confiance à d'autres personnes, quitter un petit peu ce cocon familiale pour essayer de toujours avancer au mieux mais que jusqu'à maintenant je n'ai encore pas trouvé mieux que mes entraîneurs de parents....

Vous parler dans votre reportage des parents tyrans et encombrants mais on ne parle jamais de certains entaîneurs qui devraient éduquer à la vie sportive et nous guidez au mieux dans cette expérience sportive alors que certains causent de gros dégâts pour cause de frustration et d'incompétences je suppose. Il aurait été intéressant d'entendre Lara Gut qui aujourd'hui semble très épanouie. Elle qui a atteint ce niveau grâce à ses parents et à l'aide d'un très bon coach personnel.

J'ai lu le livre de Bixente Lizarazu qui lui a eu à faire à un entraîneurs qui lui avait conseiller de changer de sport...

Merci à tous d'avoir pris le temps de lire =)

Intervention Le 18 avril 2008 à 15:58

Merci pour ce reportage qui a l'air très intéressant...
Malheureusement je n'ai vu que la fin, alors je me réjouis de voir la vidéo... bon courage avec la technique !

Intervention Le 18 avril 2008 à 15:19

Bonjour,
C'est marrant, dans les forums certaines choses ne se disent pas car cela provoquent des réactions en chaîne puisque les les réalités ne sont pas bonnes à entendre, par contre cela ne gêne personne de parler de son intimité et autres, hallucinant alors qu'il y a bien plus préoccupant et on ose parler de liberté d'expression en Suisse ?!
En 2008 encore, on nous censure dans nos propos de vérité, sauf à la radio et à la télévision pour ce qui est des choses très osées verbalement et visuellement à toute heure ! Il y a aussi une certaine dictature en Suisse.
Nous avons trouvé ce reportage très intéressant !
Oui, les parents ne devraient pas trop s'initier dans la vie sportive de leurs enfants mais il y a des actes très graves partout dont l'une citée dans ce reportage :
Une sportive qui a été violée par son père, et l'homme; l'entraîneur je crois qui était avec elle et parlait de cela comme si de rien n'était :
C'EST TRES TRES LACHE SAVOIR ET NE RIEN DIRE
Non assistance à personne en danger ! N'est-ce pas punissable ? C'est une certaine complicité...je ne comprends pas qu'elle le cotoie.
Le harcèlement psychique sur les enfants en les insultant, en criant dessus; ce n'est pas motivant c'est à dégouter du sport. On doit encourager en positivant. Messieurs en particulier mettez votre fierté de mâle au vestiaire et mettez-vous en tête que ce ne sont que des enfants, pas des adultes et ni des machines.
On critique les autres pays qui exploitent les enfants dans le travail mais ceci est aussi une forme d'exploitation enfantine !
C'est comme les J.O
C'est comme la Politique
C'est comme les Banques
et bien d'autres encore...
TOUT EST PAR INTERET FINANCIER
LA CORRUPTION EST BIEN PRESENTE
La Suisse n'est guère mieux que le reste du Monde...C'est pourquoi les hommes font tout pour que des femmes ne gouvernent pas si cela ne va pas dans leurs sens. Car la plupart changeraient les choses en plus correctes !
Je dis tout haut ce que bien d'autres pensent tout bas...

Intervention Le 18 avril 2008 à 13:55

Félicitations pour le reportage qui illustre bien une des dérive du sport. Quel choc de voir qu'un journaliste spécialisé dans le monde du sport reconnait avoir été au courant des abus répétés infligés par un père à sa fille (mademoiselle LLado). Pas une once de gène de sa part bien au contraire, le journaliste nous apprend que cette pratique est monnaie courante dans le milieu... N'y a -t-il pas non assistance à personne en danger ? On peut également se demander si les résultats sportifs et ses retombées journalistiques sont plus importants que l'intégrité physique et moral de l'athlète pour certains ?

Intervention Le 18 avril 2008 à 13:05

@Gustavo N°21
Bonjour. Je viens de voir ce reportage que mes parents avaient enregistrés.

Je n'ai pu voir qu'à partir de l'histoire de la tenniswoman présentée dans le reportage. Oú puis-je trouver le début du dit reportage?

Gustavo N°21


[COLOR="Red"]Bonjour,
Nous connaissons actuellement quelques soucis avec notre site Internet. Raison pour laquelle la vidéo n'est pas actuellement disponible. La situation devrait être rétablie d'ici quelques heures. Vous pourrez alors voir la vidéo en ligne.

Nous vous prions de nous excuser pour ces désagréments, la technique est parfois capricieuse.
Merci de votre inérêt pour notre émission et pour votre participation au forum.
Cordialement
Tybalt Félix
Editeur web magazine TSR
[/COLOR]

Intervention Le 18 avril 2008 à 12:25

@TMVM

Bonsoir,je viens de regardé le reportage et je l'ai trouvé très intéressant, tout particulièrement parce que je vien de commencé un Travail de Maturité sur le Sport chez l'adolescent. De ce fait j'aimerai savoir si vous pourriez me donner des contacts pour que je puisse approfondir mon travail.j'aimerai pouvoir trouvé des personnes a interviewer, donc qu'elle soit si possible dans le canton de vaud voir genève.Merci beaucoup.
si quelqu'un a quelque chose a dire sur mon sujet n'hésiter surtout pas!
"les aspects psychosociologique du sport chez l'adolescent"
Merci et bonne soirée a tous!

Bonjour,
Pouvez-vous m'en dire plus...j'ai peut-être quelques choses pour vous ?
Donnez moi votre mail, je vous contact.

Intervention Le 18 avril 2008 à 12:22

Bonjour,

Tout d'abord je tiens à vous féliciter pour ce magnifique reportage....une question..avez-vous prévu une suite ... il serait intéressant de voir le développement chez ces enfants ?

Cependant, j'aimerais faire un peu l'avocat du diable... le reportage touche quand même essentiellement des sports individuels...le sport collectif...dans la grande majorité des cas...fait passer d'abord les résultats communs..plutôt que le développement individuel de son enfant.

Le choix de la discipline de l'enfant et la variété de ses activités sportives ou/et extra-sportives doivent venir de lui-même...mais que faire quand ce dernier choisit votre passion ?

En tant qu'ancien sportif d'élite (sport collectif) je m'occupe également de plusieurs équipes dont celle de mon enfant. Je suis tombé dedans tout simplement, car nos structures actuelles manquent cruellement de moyens pour former des personnes compétentes et motivées....pour l'amour de mon sport...et le bien être des enfants..on est prêt à donner ce que l'on a reçu par le passé.

Seule certitude on est parfois plus dur et sévère avec son enfant, voir même avoir tendance à le pénaliser, afin que d'autres parents (aux enfants moins talentueux) aux dents longues ne puissent vous reprocher de travailler uniquement pour le bien-être et l'ego de votre progéniture.

A mon sens le problème vient souvent de l'ingérence et de l'incompétence des parents qui n'ont jamais pratiqué de sport à haut niveau..le danger est là...faire confiance aux autres...

En qualité de sportif d'élite vous connaissez, généralement, quelles sont les étapes à franchir...il suffit de rester humble et aussi reconnaître que son enfant ne possède pas le talent requit pour y arriver.

Le plaisir, la passion et le respect restent les meilleurs moteurs à inculquer...jusqu'à ce que votre enfant fasse le choix par lui-même du choix de sa carrière...en attendant laissons les rêver en leur donnant les moyens nécessaires pour y arriver...

Merci de m'avoir lu...bravo..et vive le sport

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